Très habile sur les réseaux sociaux, notamment Instagram où elle compte près d’un million d’abonnés, elle partage de nombreux contenus vidéo sans pour autant tomber dans les clichés comme certaines de ses acolytes. Souvent vêtue d’un simple t-shirt noir, elle distille sa techno musclée sans détour ni artifices. Sur Spotify, elle explose aussi les compteurs en affichant déjà près de 10 millions de streams cumulés. Son prochain EP, ‘Control EP’, annoncé sur le label d’Adam Beyer pour début avril, a de quoi la conforter dans son incroyable ascension. DJ courtisée, Lilly Palmer sera d’ailleurs à l’affiche de plusieurs festivals « mainstream » français cet été, preuve de sa popularité de plus en plus palpable. Portrait !
Qu’est-ce qui a fait en sorte que le deejaying et les musiques électroniques se placent ainsi au centre de ta vie ?
À 17 ans, j’ai appréhendé les musiques électroniques pour la première fois grâce à un ami et j’ai tout de suite accroché. Quand je me suis installée à Berlin, j’ai pu goûter encore plus à la Techno, mais cela s’est encore plus vérifié quand j’ai posé mes valises à Zurich. Dès lors, mon amour et ma passion pour la techno sont vraiment devenus immenses et j’ai misé sur le deejaying. C’était il y a six ans et c’est évidemment le job dont je rêvais.
Ton ascension est spectaculaire. Selon toi, qu’est-ce qui t’a permis de te démarquer des autres et de devenir « hype » ?
J’ai une équipe extrêmement motivée derrière moi, avec un manager très expérimenté qui n’a jamais hésité à partager avec moi sa passion pour la musique électronique et le mix. J’ai aussi la chance de faire partie d’agences de booking très efficaces, qui ont réussi à me trouver des opportunités incroyables en peu de temps. En tant qu’équipe, on travaille dur et on obtient des résultats rapides. J’essaie d’incarner ma passion pour la techno de la manière la plus naturelle qui soit, notamment à travers mes vidéos. Et puis je dois dire que j’ai trouvé en Egbert un complice de studio hors paire, avec qui je peux traduire toutes mes idées en musique.
« Je dois encore parfois me pincer pour réaliser que ma carrière n’est pas un rêve.»
Instagram est l’une de tes vitrines préférées, est-ce que cette plateforme est aussi responsable de ton succès en tant qu’artiste, malgré le fait que tu sois référencée comme une DJ « underground » ?
Oui et non – Je pense qu’on est en mesure d’accomplir beaucoup de choses grâce aux réseaux sociaux de nos jours, mais ce n’est pas obligatoire. Beaucoup de DJs sont hype sans avoir beaucoup de vues et de Likes sur les réseaux. Pour ma part, j’ai toujours adoré les réseaux sociaux et j’en ai donc fait l’un de mes outils principaux pour me faire connaître. Après, de savoir si l’underground est compatible avec les réseaux sociaux, c’est une question assez complexe. Il faudrait d’abord définir le terme underground quand on parle de musique Techno. Qui proclame ce qui est underground ou non, au final ? Personne n’a vraiment tranché et chacun doit donc définir sa propre réponse, en accord avec ses principes et ses valeurs. C’est pour cela qu’il faut mettre en place une pratique qui t’est propre pour que tout ce que tu fais soit bien perçu. J’essaye pour ma part d’être la plus authentique possible sur les réseaux sociaux.
Tu es capable d’atteindre plusieurs millions de personnes à travers Instagram. Est-ce que cela signifie que la Techno est une bonne fois pour toutes devenu un genre musical populaire ?
Oui, je pense vraiment que la Techno est devenu un genre musical populaire, même s’il faut évidemment relativiser son impact par rapport à la Pop, au hip-hop ou à l’EDM. Avec mes vidéos, il m’arrive souvent de capter l’attention de personnes qui ne sont pas familières à la Techno. En quelque sorte, je suis leur porte d’entrée vers une facette plus sombre des musiques électroniques (rires).
Les femmes sont maintenant très bien représentées au sein de la scène Techno. Quel genre de relations entretiens-tu avec tes acolytes ? Ressens-tu de la jalousie et de la concurrence entre vous ?
Je n’ai eu que des bonnes expériences avec mes copines DJ, on se soutient mutuellement et on se comprend mieux quand on se raconte certaines anecdotes propres à ce que nous pouvons vivre en tant que femme dans ce milieu encore très masculin. Nous sommes reliées entre nous et la jalousie se situe beaucoup plus du côté des hommes. Il y a une certaine tendance à la misogynie dans l’industrie musicale, avec certains DJs souvent aigris et amers face au succès de certaines femmes aux platines. Ils se plaignent et tiennent parfois des propos qu’il n’auraient jamais envers d’autres hommes. C’est regrettable et j’ai un peu pitié d’eux. Cependant, je ne fais pas de blocage et je continue d’avancer.
Tu sors ta musique sur des labels comme Senso Sounds d’Oliver Huntemann et Drumcode d’Adam Beyer. Faisaient-ils partie de tes labels rêvés quand tu as démarré en 2015 ?
Drumcode a toujours été l’un de mes objectifs depuis le début. L’an dernier, j’ai eu la chance d’avoir un titre ‘Amnesie’ au sein de la compilation ‘A-Sides Vol.10’ et je suis fière d’annoncer la sortie imminente de mon premier vrai EP sur ce label. ‘Control EP’ est assez versatile. Quand j’ai joué ‘We Control’ en festival l’été dernier, les réactions sur le dancefloor ont été très fortes… ‘Plasma’ est plus agressif, ‘Don’t look back’ très remuant et ‘Resistance’ plus mystique, avec selon moi, quelque chose qui relève de l’ADN originel du label Drumcode avec lequel je me suis construite. J’ai hâte que cet EP sorte, rendez-vous le 8 avril sur les plateformes !
« Il y a une certaine tendance à la misogynie dans l’industrie musicale, avec certains DJs souvent aigris et amers face au succès de certaines femmes aux platines. »
Jusque là, si tu devais désigner qu’un seul titre de ta discographie pour définir ton identité musicale, lequel choisirais-tu ?
Le titre qui colle le plus avec ma motivation et ma personnalité, c’est sans doute ‘Temptation’. Il définit bien ma passion pour la Techno et je l’ai sorti sur mon propre label. C’est donc un accomplissement personnel, je dois encore parfois me pincer pour réaliser que ma carrière n’est pas un rêve.
En tant que DJ, tu as déjà voyagé aux quatre coins de la planète. Vas-tu découvrir de nouvelles destinations en 2022 ?
Le voyage est ma deuxième grande passion, j’adore recevoir des offres dans des pays où je ne suis pas encore allée, des endroits un peu exotiques ou inattendus comme le proche-orient et l’Asie. Je suis aussi très excitée à l’idée de faire ma première grosse tournée en Australie. J’ai récemment eu le plaisir de découvrir l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Chili, qui m’ont fait vivre des moment juste inoubliables. Il n’y a rien de plus enrichissant que les voyages. Rencontrer des gens qui évoluent dans d’autres contextes, au sein d’autres cultures, te permet d’avoir une autre perspective sur la vie et toi-même. Je suis donc curieuse de savoir où ma passion me permettra d’aller dans le futur…








