DJ bien connu des milieux étudiants parisiens, producteur avec déjà deux albums au compteur, patron de son propre label Pavillonn, Nhyx est un artiste aux multiples casquettes. Un éclectisme qui se retrouve aussi parfaitement dans sa musique qui oscille au grès de ses sorties entre electro-chill, indie-house, french touch ou tech-house. Après des singles aux accents clubs qui ont rythmé son année 2021, Nhyx a amorcé le début d’un nouveau départ artistique il y a quelques jours avec l’arrivée de ‘Flaws’ et ‘Ogive II (Tribute to Erik Satie)’. Deux nouveaux titres qui mettent le piano à l’honneur et qui se veulent de créer des ponts entre le lyrique de cet instrument et l’aspect mécanique de la musique électronique. Nhyx revient pour nous sur la genèse de ces deux morceaux et nous dit tout sur son processus créatif et ses projets à venir.
Tu as sorti il y a quelques jours deux nouveaux morceaux intitulés ‘Flaws’ et ‘Ogive II (Tribute to Erik Satie)’. Quel a été leur point de départ ?
En fait ce sont deux morceaux qui sont assez différents, même s’ils ont le même fil conducteur. Surtout, à la base ils n’étaient pas destinés à être ensembles. J’avais fait ‘Flaws’ dans un esprit qui est d’aller chercher de la musique plus jouée, quelque chose où je joue avec des nuances qui sont propres au piano – parce que je suis pianiste à la base. J’aime le paradoxe d’avoir une instrumentation qui est assez mécanique, très binaire, et le contraste entre cette instrumentation et un piano hyper lyrique. Quant à la reprise de Satie, au départ elle était destinée pour une compilation d’artistes qui revisitent Erik Satie. Finalement le projet n’a pas abouti mais pendant mes recherches j’ai écouté une suite de morceaux qui s’appelle ‘Ogive’ et j’ai été marqué par cette suite d’accords qui est hyper moderne. Il y a quelque chose de très visionnaire, qui fait presque penser aux harmonies que l’on entend dans la musique électronique aujourd’hui. Je me suis souvenu que j’avais commencé des ébauches de ce genre de choses juste avant et donc j’ai repris le projet ‘Flaws’ et j’ai fini les deux morceaux en parallèle.
Ces deux nouveaux titres sont assez différents de tes précédentes sorties de 2021. Est-ce qu’ils sont une parenthèse ou au contraire le début d’un nouveau chapitre pour toi ?
Ces morceaux me permettent de faire une transition vers la suite avec un EP pour le début d’année prochaine et peut-être même un album. J’ai envie d’aller mélanger la touche analogique/électronique et quelque chose de plus joué, plus ressenti. Ces morceaux m’ont aussi ouvert de nouvelles portes. C’est peut-être un peu réducteur mais dans la musique électronique on est beaucoup habitué à utiliser le chapeau magique des accords que l’on ressort tout le temps. Moi à la base je fais plus de la synthpop, des choses indie house qui sont parfois orientées club, donc je vais assez facilement prendre quatre ou cinq accords. Là le fait de me confronter à la musique d’Erik Satie ça a aussi rendu la chose beaucoup plus riche, avec des harmonies, etc. Et ça m’inspire beaucoup pour la suite. D’ailleurs on vient de tourner un clip pour ‘Flaws’ qui est totalement dans cette thématique. J’ai les machines et un piano quart de queue. La scénographie met en avant ce mélange entre les deux.
Est-ce que ce mélange entre instruments et machines est aussi quelque chose que tu as envie d’expérimenter sur scène ?
Oui complétement. C’est aussi une transition vers quelque chose de plus live. Je parle de musique plus jouée mais ça ne se limite pas qu’au studio, j’ai aussi envie d’aller vers de la composition en live. Moi à la base en setup live je suis plus avec mes synthétiseurs et ma drum-machine mais mélanger ça avec du piano ça peut faire quelque chose de très intéressant. Ce serait vraiment l’aboutissement de cette démarche.
Je le disais, avant ‘Flaws’ et ‘Ogive II (Tribute to Erik Satie)’ tu avais sorti des morceaux assez différents avec un style house plus pensé pour les clubs. Quand tu entres en studio, est-ce que tu sais déjà vers où tu veux aller ou au contraire tu préfère te laisser guider par la musique ?
Moi j’aime bien ne pas avoir de conduite de prévue. Souvent ce sont mes inspirations du moment et en général c’est surtout mon mood. Là par exemple, on était dans une période de confinement où on ne dansait plus. J’écoutais beaucoup de live session, beaucoup de house donc forcément j’ai eu envie de m’y attaquer. Et puis il y a eu aussi cette volonté d’aller vers une approche plus live mais ici plus au sens clubbing, danse. Le fait d’être enfermé, etc., ça m’a donné envie d’aller vers quelque chose de plus scénique, de retrouver ce lien avec le public.
Après toute cette période de confinement tu as d’ailleurs enfin pu retourner sur scène cet été. Comment se sont passées tes retrouvailles avec le public ? Est-ce que tu étais stressé à l’idée de reprendre après une si longue pause ?
Ce qui me stressait surtout c’était d’être devant la foule parce que ça faisait trop longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Mais l’excitation et le bonheur de refaire de la scène est passé au-dessus de tout ça. Au bout de cinq minutes devant les gens c’était parti (rires).
Dans tes projets à venir tu évoquais la possibilité de travailler sur un potentiel prochain album. C’est encore important pour toi de garder cet attachement au format album ?
Oui totalement. Je trouve que c’est le seul moyen d’avoir un vrai discours, une vraie continuité. Mais après ça dépend aussi des artistes. Certains arrivent à mettre toute leur identité dans un seul morceau. Moi ma démarche artistique c’est plus d’aller toucher à tout. On entend toujours ma touche mais j’aime bien parcourir mes influences. Et pour faire ça, le single n’est pas approprié. Je ne pas dire assez de choses dans un seul morceau. C’est pour ça là par exemple j’aimerai bien faire des EP et les rassembler potentiellement dans un album avec des nouveaux titres. J’aimerai montrer chaque part de découverte et de recherche à des périodes données parce que je travaille par période et je change régulièrement de style musical et d’influences.
Justement, quelles sont tes influences du moment pour ces projets à venir ?
C’est une question compliquée parce qu’il y a beaucoup de choses (rires). Dans les prochaines sorties je suis allé cherché au niveau clubbing beaucoup dans la French Touch, dans tout ce qui est new wave et même beaucoup dans l’acid-house. Tout ce qui est early Daft Punk ça m’a beaucoup marqué. J’ai aussi des influences dans le jazz et récemment je me suis fait un revival de tout ce qui est rock psyché et la musique des années 70. Je fais un gros mélange de tout ça dans ma tête et ça m’inspire pour créer des choses à la limite entre la musique électronique et une musique jouée avec des solos, etc. Je suis aussi très fan d’Air parce que j’y retrouve cette volonté de mélanger les influences entre pop, électro, rock, etc. Air ça m’a beaucoup marqué.
Quelle est la suite pour toi maintenant ?
Mon EP sortira probablement aux alentours de février. On croise les doigts avec le contexte actuel mais on a aussi des projets de dates à venir. Avec mon label Pavillonn on a décidé de faire les choses en famille et en janvier-février on va avoir une série de date dans des bars dansants à Paris ou en région parisienne. Ce seront des dates intimistes dans des petites salles où on peut vraiment faire un plateau avec les artistes du label. On veut créer une connexion directe avec les gens qui nous suivent et qui veulent nous voir évoluer.








