Honey Dijon.
© Honey Dijon

PLAYLIST. Honey Dijon, Nine Inch Noize, Rone… les sorties électro de la semaine du 13 avril 2026

Publié le 17 avril 2026

Honey Dijon tient la nuit, Rone part en mer et Nine Inch Nails s’allie à Boys Noize : le meilleur des sorties électro de la semaine du 13 avril 2026.

Cette semaine du 13 avril 2026, les sorties s’accumulent avec une belle diversité de propositions. John Summit tente d’élargir son spectre au-delà de la tech house, Honey Dijon reconstruit la nuit en 14 titres, et Nine Inch Nails s’enferme avec Boys Noize pour un album industriel et frontal. Hermitude fête vingt ans de carrière avec l’énergie intacte, Tiga retrouve ses alliés montréalais, Rone part à la rencontre des baleines, et Parra for Cuva laisse ses kilomètres de tournée écrire à sa place. Et dans l’ombre, Niels Orens sort l’EP le plus hanté de la semaine.

HermitudeEIGHT

Vingt ans à tenir le cap, et le duo australien Elgusto et Luke Dubs n’a toujours pas l’air de compter les points. EIGHT, leur huitième album, porte le chiffre comme un symbole d’infini autant que de longévité — et ça se sent dans la musique. Hermitude ne choisit pas son camp stylistique, il absorbe, digère, recrache quelque chose qui lui ressemble. Matt Colton masterise, Bob Vylan, DEVAURA et IsGwan s’invitent, et le tout sonne comme une salle qui refuse de se vider. La joie ici n’est pas un effet de style — c’est une conviction.

Honey DijonThe Nightlife

Quatre ans après Black Girl Magic, Honey Dijon revient avec un album qui n’a pas cherché à faire plus grand — juste plus juste. NightLife est une salle de club reconstituée sur 14 titres, avec Greentea Peng, Bree Runway, Mahalia et Jacob Lusk en guests — un casting qui reflète autant ses amitiés que ses obsessions musicales. « Slight Werk » et « The Nightlife » posent le tempo dès l’ouverture, et la Chicagoane ne le lâche plus. Aucune démonstration, aucun effet de manche : tout est au service de l’humeur, pas de l’ego. La nuit comme territoire, pas comme décor.

John SummitCTRL ESCAPE

L’ancien comptable s’est échappé du bureau — mais pas encore totalement du formatage. CTRL ESCAPE affiche une rupture avec la tech house qui l’a fait connaître, et certains moments y croient vraiment : Feid transforme « CHICA 305 » en quelque chose qui n’appartient qu’à lui, Julia Wolf apporte sur « WITH ME » une fragilité qu’on n’attendait pas dans ce registre. Mais entre ces éclats, Summit navigue parfois en pilote automatique, comme si la liberté artistique revendiquée haut et fort peinait encore à se traduire en prises de risques effectives. Le potentiel est là — l’audace, pas encore tout à fait.

Luuk van DijkDJ Boeie

Le coup du mystère a fonctionné. Luuk van Dijk lance « DJ Boeie » comme un alias anonyme, se positionne comme son unique supporter, puis lève le voile : c’est lui, et c’est une archive. Une collection d’edits et d’outils dancefloor dormant dans ses disques durs depuis des années, finalement déposés là sans cérémonie. Pas d’ambition de grand soir, pas de concept à défendre — du matériel brut conçu pour 3h du matin, avec la décision de ne pas l’habiller autrement. Parfois, c’est exactement ce qu’il faut.

Nine Inch Nails & Boys NoizeNINE INCH NOIZE

Reznor et Ridha avaient déjà frotté leurs univers sur Tron : Ares — l’exercice était cadré, commandé. NINE INCH NOIZE n’a plus cette excuse. Les deux ont choisi de s’enfermer ensemble, de dépecer des morceaux de NIN et d’en faire quelque chose qui appartient aux deux sans vraiment appartenir à aucun. La mécanique industrielle de l’un percute la précision froide de l’autre, et l’album annoncé avant Coachella 2026 n’a rien du projet d’ego. La reprise How to Destroy Angels et le titre Soft Cell glissés dans le tracklisting ajoutent une couche de trouble bienvenue.

🎯 L’artiste à suivre : Niels OrensNever Again

Niels Orens ne pose pas de voix, ne pose pas de filet. Six titres — Remaining, Here, too?, Should Feel Bad, Burned Twice, Enemy, Ruin Happens — écrits dans l’isolement, et ça s’entend sans que ce soit jamais complaisant. Les breakbeats se fracturent, les basses creusent plutôt qu’elles n’écrasent, et quelque chose de fragile persiste dans les interstices. On pense à Burial pour la solitude du son, à Yves Tumor pour l’inconfort assumé — mais Orens a déjà sa propre façon de tenir la tension sans la résoudre. Un nom à garder.

Parra for Cuva — « Juri » / Nacar (album attendu le 15 mai)

Nacar — nacre en espagnol — c’est un matériau qui se forme lentement, par couches, dans l’obscurité d’un coquillage. L’album a été écrit sur les routes, dans des maisons louées entre deux concerts, studio minimal installé face à la mer — au Mexique, en France, au Japon, au Panama. « Juri » en est le troisième extrait, et l’influence latine qui traverse le disque n’est pas une posture géographique : elle s’est déposée naturellement, tournée après tournée. Un album qui porte vraiment ses kilomètres.

Rone — « La Baleine et le Musicien » / Megaptera (album attendu le 12 juin)

Il y a quelques années, Rone découvrait des vidéos de marins qui attiraient des cétacés avec sa propre musique. De cette anecdote absurde est né un film, La Baleine et le Musicien, réalisé par Valentin Paoli — et en creux, un album. Megaptera, nom scientifique de la baleine à bosse, est le premier disque de Rone depuis Room With A View, six ans plus tôt. Pas une bande originale habillée en album : la matière est trop dense, trop personnelle pour ça. L’immensité marine a visiblement fait quelque chose à son sens de l’espace sonore.

The Chronics — Breaking Point

Presque dix ans dans les tranchées de l’underground, et The Chronics n’a toujours pas l’intention de remonter à la surface. Breaking Point, sorti sur Suara, est à l’image de l’artiste : un groove droit, taillé pour durer. Proche collaborateur de Chlär, co-gérant des labels Bipolar Disorder et Primal Instinct aux côtés d’Alarico, il sait exactement ce qu’il construit et pour qui. Pas de détour, pas de concept superflu, juste de la techno qui connaît son affaire.

TigaHOTLIFE

Tiga de retour sur Turbo, avec Matthew Dear à l’écriture et Jump Source à la production. La cellule est familière, presque trop. HOTLIFE a ses moments : « ECSTASY SURROUNDS ME », réclamé depuis un extrait Instagram de 2023, délivre ce qu’il promettait, et Tiga garde intact ce regard oblique sur la pop électronique qu’il cultive depuis « Sunglasses at Night ». Mais l’album peine à déborder de son propre cadre. On attendait que quelque chose déraille, que la formule se torde — ça n’arrive pas vraiment. Un disque solide qui aurait pu être marquant.

Autres sorties notables

Partagez cet article :)

Ses réseaux

Instagram

Youtube

+ en rapport avec l'article

Honey Dijon.

PLAYLIST. Honey Dijon, Nine Inch Noize, Rone… les sorties électro de la semaine du 13 avril 2026

Amelie Lens va jouer au Warehouse Nantes pour sa réouverture en mode 2.0.

Le Warehouse de Nantes inaugure sa transformation avec Amelie Lens

Le logo de Live Nation.

Live Nation reconnu coupable de monopole illégal aux États-Unis

Solomun.

Solomun : le line-up complet de sa résidence 2026 au Pacha Ibiza est dévoilé