Interview : San Holo (bonus)

Publié le 29 juin 2021

Quelques semaines après la sortie de son deuxème album de San Holo ‘bb u ok?’, le producteur hollandais partage avec nous les valeurs qui définissent sa créativité en tant qu’artiste et D.A de son propre label Bitbird… Bonus !


L’essence de mon label, c’est de mettre en avant des artistes non conventionnels.


Tu es du genre à vraiment te préoccuper de savoir si les gens autour de toi vont bien, est-ce que la santé mentale est un thème central dans ton parcours de musicien ?

Je pense, en effet. Ma musique s’inspire beaucoup des hauts et des bas de la vie. On passe tous par des phases très négatives, des mauvais moments, mais on finit toujours par retrouver la lumière. Il ne faut jamais perdre l’espoir et la lumière, persévérer et continuer d’apprécier les choses simples de la vie. C’est très important de faire la part des choses aussi. Par exemple, quand quelqu’un nous manque, cela génère un sentiment de déception, mais il y a aussi quelque chose de beau dans le manque. Tout est question d’équilibre, de relativité. C’est vrai que tous ces sujets là comptent beaucoup pour moi, y compris quand je compose.

C’est intéressant car l’industrie musicale est maintenant tournée vers la masse, les chiffres, le streaming, les réseaux sociaux. Alors que toi en tant qu’artiste, tu tiens à rester le plus authentique possible, à te livrer sans filtre à travers ta musique… Penses-tu que les gens qui écoutent ta musique en ligne ont envie que tu te livres autant ?

Le nombre de streams, je ne m’en intéresse pas vraiment. Je pourrais avoir un titre avec un milliard d’écoutes, mais si je ne ressens rien de personnel dedans, cela n’aurait aucune valeur à mes yeux. Quand je compose un titre, c’est parce que j’ai rencontré quelqu’un, ressenti une émotion, une expérience dans ma vie. Je n’arrive pas à produire une musique dans le but de générer un maximum de streams car je ne sais pas faire dans le commercial. Je ne suis pas les règles des chansons formatées qui sont diffusées sur les ondes FM, ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. Ceci étant dit, je respecte beaucoup tous ceux qui arrivent à faire des tubes et sont très doués pour ça. Malgré tout, en ce qui me concerne, la musique est quelque chose qui relève de l’intime.

Considères-tu ton label Bitbird comme un laboratoire pour nouveaux talents ?

J’ai créé ce label dès le début de mon projet San Holo. Je voulais avoir cette sécurité de rester indépendant car au début, personne ne voulait de ma musique, ou alors on me demandait toujours de modifier un truc. J’ai ensuite commencé à découvrir de nouveaux talents, je voulais que mon label leur serve de plateforme pour exposer leur créativité au plus grand nombre. C’est l’essence de mon label, mettre en avant des artistes non conventionnels et étaler leur talent.

Qui est selon toi le talent de demain ?

Former Hero ! Il a un son vraiment unique, il crée une sorte de House hybride, uptempo, vraiment novatrice. On va sortir son premier album bientôt. C’est le genre d’artistes qui sortent du lot à la première écoute.

Un artiste doit donc forcément être quelqu’un de visionnaire ?

Oui, c’est pour moi une bonne définition. Je veux parier sur des créatifs, parfois incompris. Cela prend du temps parfois, car leur musique peut sembler bizarre pour le plus grand nombre. Mais bizarre n’est qu’un autre mot pour dire que c’est différent, après tout. Je préfère les artistes qui tracent leur propre chemin sans forcément suivre les standards et les codes, c’est ce que j’ai fait à mes débuts.

Retrouvez notre interview de San Holo dans le magazine DJ Mag #29 (été 2021) actuellement en kiosques. © Photo : Haley Lan. 

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