Avec ‘Fior Di Macchia’ et ‘I Cared For You’, NTO annonce l’arrivée de son nouveau long format : ‘Naked’. Cinq ans après son premier album ‘Apnea’ et deux ans après ‘Forever Friends‘ aux côtés de Sofiane Pamart, le Français fait donc son retour en solo pour un album en forme de reset, marqué par le deuil de ses parents. En attendant la sortie du disque le 16 octobre, NTO nous en dit plus sur ce nouveau chapitre de son parcours personnel et artistique.
Tu viens d’annoncer la sortie prochaine d’un nouvel album avec un premier single, ‘Fior Di Macchia’. Dans quel contexte t’es tu lancé dans ce nouveau projet ?
Ces deux dernières années ont été assez compliquées sur le plan personnel, avec la perte de mes parents. Ça a été un gros cyclone. J’en ai profité pour remettre de l’ordre dans ma vie et, surtout, me retrouver. L’idée de cet album est arrivée quand j’ai commencé à y voir clair. J’ai arrêté de boire et je me suis dit qu’il était temps que je me fasse du bien, que j’arrête de stresser, de courir après les dates… J’ai fait un reset, et l’album est né de ça.
Si ce futur album porte en lui une forte charge émotionnelle, c’est tout particulièrement le cas de ‘Fior Di Macchia’. Que représente ce titre pour toi ?
Ce single cristallise beaucoup de choses. Musicalement, il reste proche de ce que j’ai l’habitude de faire, c’est un track techno dans la structure et mélodique dans la forme. C’est ma zone de confort, même si j’explore de nouveaux terrains sur le reste de l’album. Je voulais que le titre ouvre ce nouveau chapitre car il est important, il est dédié à mon père. J’aime bien dédier des morceaux aux gens que j’aime, et il n’avait jamais eu de beau titre mélodique, alors que ma mère avait eu ‘La Clé des Champs’. C’est ‘Fior Di Macchia’ qui a lancé ce projet d’album, au moment où on a débarrassé la maison de nos parents. Il gardait le moindre ticket de métro de ses voyages, des cailloux dans des enveloppes… Il entassait beaucoup de choses, au point où je me demande même s’il n’avait pas le syndrome de diogène !
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En vidant son bureau, au milieu de ses souvenirs de jeunesse, on a trouvé une chemise remplie de dessins, de poèmes, de paroles de chansons, de blagues, et tout était signé ‘Fior Di Macchia’. C’était son alter-ego artistique, une parenthèse de sa vie dont nous ne savions rien. Ça nous a permis de nous créer une sorte de carte mentale de qui il était, lui qui a toujours été très pudique sur ses émotions. Pour la première fois, nous avions une vision d’ensemble de ses sentiments, de cette sensibilité qu’il avait toujours enfouie. J’ai eu envie de dédier un morceau à cette parenthèse de la vie de mon père. Il était en Corse, il écrivait des chansons en corse, et « fior di macchia » veut dire « fleure de maquis », donc ça me semblait logique de l’appeler comme ça.
C’est ce titre qui t’a donné envie de retourner en studio pour te consacrer à un nouveau long format ?
C’est l’un des premiers morceaux que j’ai fait, et je suis retourné en studio avec une envie renouvelée. Je commençais à me sentir plus stable, plus équilibré dans ma vie, le deuil commençait à passer. De retour en studio j’ai eu le démon. Je n’ai jamais autant produit, j’ai fait 20 morceaux. J’avais beaucoup à dire.
Vois-tu ce nouvel album comme une forme de catharsis, une manière de marquer la fin de cette période difficile ?
Cet album matérialise davantage une transition. C’était une épreuve infiniment triste, mais c’est aussi une chance de pouvoir affronter des choses qui remuent de manière si profonde. Ça permet de remettre de l’ordre, de savoir pourquoi tu fais ce que tu fais. Même sans t’en rendre compte, tu fais parfois les choses de manière mécanique en cherchant quelque part l’approbation de tes parents, en voulant les rendre fiers. Quand tes parents ne sont plus là, tu te demandes si ce que tu fais a toujours du sens. Tu remets plein choses en perspective et tu te réalignes par rapport à la personne que tu es. Ça a été très enrichissant, dans ce sens.
C’est ce que raconte l’album, il témoigne de la manière dont je me suis retrouvé, dont j’ai réalisé les raisons profondes qui me poussent à faire de la musique. C’est une transition, un passage. L’album est dans une dynamique très positive, il y a plein de morceaux assez solaires. Même s’il évoque un moment difficile, ce n’est pas le bad (rires). Il y a toujours des morceaux mélancoliques parce que c’est comme ça que je m’exprime, mais il y a aussi beaucoup d’espoir, de lumière. Je suis très fier de cet album.
Au moment de la sortie de ton précédent EP, ’[] ’, tu nous avais confié vouloir expérimenter davantage musicalement. Comment cette envie s’est-elle matérialisée ?
Ce n’est pas quelque chose que j’ai conscientisé. J’ai fait plein de bases de morceaux sans me dire qu’ils devaient partir dans une direction club, live… C’était un défouloir créatif, je commençais plein de titres avant de revenir plus tard sur les plus intéressants. J’ai essayé de bosser avec un timer, de passer 50 minutes sur un morceau avant de passer à une nouvelle idée, puis de recommencer avant de me laisser 25 minutes de pause. C’est la technique « pomodoro ». Je voulais avoir le plus de matière possible et m’amuser, sans réfléchir. J’ai fait ça pendant plusieurs semaines. Plutôt que de réfléchir en termes de style, j’avais envie de me reconnecter au plaisir créatif. J’avais moins de feeling avec la prod pendant un moment, après avoir beaucoup tourné après ‘Apnea’. J’avais besoin de me poser et de kiffer sans me prendre la tête.
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Bizarrement, il y a aussi beaucoup de paroles, de choses que j’ai écrites. Il y a un texte que j’ai rédigé avant de le retravailler avec ma femme, Pauline, et qui parle de la source de mon inspiration, de mon adolescence, des jeux-vidéos, du Seigneur des anneaux, de ces mondes imaginaires issus de la Fantasy où je me réfugiais petit. J’ai fait lire le texte à mes enfants et je les ai enregistrés, c’est un petit poème avec des mots très simples. Chaque partie est lue par l’un de mes enfants. C’est quelque chose de nouveau, je n’ai jamais fait ce genre de choses. Il y a aussi un texte sur l’introspection qui est parlé/chanté en espagnol… C’est assez inattendu mais c’est venu comme ça. Il y a pas mal de surprises sur cet album.







