Cinq ans après la séparation de Daft Punk, retour sur l’onde de choc : nous republions le dossier spécial de notre numéro 28, écrit au moment où les robots tiraient leur révérence.
Leur visage de métal, imperméable aux affres du temps, nous laissait croire qu’ils étaient immortels. Que chaque décennie, il leur suffirait de resserrer quelques boulons et de mettre à jour leur processeur pour revenir chambouler la planète musicale, provoquant parmi les millions de fans une stupeur devenue presque habituelle. Le 22 février, près de huit ans après le carton mondial de leur quatrième — et dernier — album studio, Random Access Memories, les Daft Punk nous ont offert pour la dernière fois le frisson d’une annonce sortie des limbes.
Tirer sa révérence
Pas pour laisser poindre une nouvelle épopée sonique redéfinissant les contours de la pop et de l’électro, mais pour signer de manière presque laconique une fin que rien ne laissait présager, au travers d’une vidéo de huit minutes tirée de leur film expérimental Electroma, dans laquelle on assiste, après un long suspense, à la désintégration complice de l’un des deux robots ; soit un acte de décès spectaculaire du duo qui a tant fait rêver aux quatre coins du globe. Faut-il y voir un message personnel quant aux causes de cette soudaine séparation ? La réponse à cette question pourrait bien rester longtemps en suspens : jusqu’aux amis et collaborateurs intimes des Daft Punk, la séparation fut un choc aussi inattendu qu’inexplicable.
Peu d’ailleurs ont concédé une réaction, fidèles au mystère qui entoure les deux Versaillais depuis leurs débuts, au milieu des années 90. Alors à l’aube de la majorité, les deux potes de collège sont déjà les étoiles montantes d’une scène techno en plein essor dans l’Hexagone. Farouchement indépendants et bien décidés à dicter leurs règles, ils feront bientôt entrer le son des clubs au sein des hit-parades, ouvrant l’une des pages les plus excitantes de la musique électronique pour ne la refermer que trois décennies plus tard, dans un fracas à la mesure des passions qu’elle a déchaînées.
L’éveil des pionniers parisiens
Nous ne pouvions dès lors que revenir en détail sur ce parcours unique, destin personnel de deux geeks passionnés de rock et de techno devenus héros robotiques, et aventure collective ayant largement contribué à définir le son de la French Touch comme celui de la pop moderne.
Dans ce dossier spécial, nous retraçons la trajectoire de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, de leurs premières raves à la B.O. de Tron jusqu’à la consécration RAM, sans oublier de décortiquer un art de la communication unanimement loué, et de tenter d’en mesurer l’impact sur les scènes françaises et internationales.
Lors du numéro 28 de DJ Mag France, la rédaction avait écrit plus de 20 pages d’analyses du plus grand phénomène de l’électro, parsemées d’archives inédites et de témoignages de première main de certains de leurs collaborateurs les plus proches : des membres du duo Slam, premiers à faire résonner le mythique Da Funk sur leur label Soma, jusqu’à Eric « Rico The Wizzard » Chedeville, cofondateur du label Crydamoure aux côtés de Guy-Manuel et cocompositeur du hit « I Feel It Coming » de The Weeknd et Daft Punk.Un dernier tour de piste qui nous permet de rendre hommage à deux robots nous ayant offert certaines des plus belles émotions de nos vies de passionnés de musiques électroniques, et ayant permis à cette scène de s’épanouir bien au-delà du cercle des initiés.
Les articles
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Par Nicolas Gal et Ludovic Rambaud












