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Interview : Jickow

Publié le 27 janvier 2023

Rencontre avec le producteur français qui sort aujourd’hui son nouvel EP ‘Nostra Dona De La Gardia’.

Retour aux sources pour Jickow ! Après s’être invité dans quelques-uns des clubs les plus prestigieux au monde et être devenu au fil des ans une figure des nuits de Bruxelles, l’artiste originaire du Sud de la France a décidé de rendre hommage à sa ville de cœur : Marseille. Le voici donc qui débute l’année avec ‘Nostra Dona De La Gardia’. Un nom évocateur pour un morceau qui reprend tous les ingrédients de son style entre melodic techno et progressive house et qui arrive sur son propre label Olympe. Le tout, accompagné par un remix signé par la légende Nick Muir pour former un EP deux titres désormais prêt à envahir les dancefloors.

Quel a été le point de départ de ‘Nostra Dona De La Gardia’ ?
En tant que DJ originaire de Marseille, je suis fortement connecté à ma ville d’origine et j’y retourne régulièrement (je suis toujours abonné au Stade Vélodrome). Lors de chacune de mes visites, je me rends en « pèlerinage » à la Bonne Mère, symbole emblématique de la ville. Mon processus créatif est très lié à mon environnement et à mes émotions. Je fredonne ou me parle à moi-même constamment et les notes issues de la ligne de basse sont celles que je fredonnais lors d’une de mes visites. Par exemple, lors d’une de mes visites à Marseille j’ai été inspiré par les notes de la ligne de basse que je me fredonnais et en rentrant à Bruxelles, j’ai commencé à travailler sur un morceau dans le train. C’est ainsi que ce morceau est né.

Quel a été ton processus de production sur un morceau comme celui-là ?
Je suis très méthodique dans mon processus de création. Pour chaque morceau, je commence par une idée de base et j’essaie de finaliser le morceau à 90% en quelques heures. J’obtiens ensuite des avis de mes collègues avant de laisser le morceau reposer pendant quelques jours. Enfin, je me force à le terminer en quelques heures.

Que représente Marseille pour toi ?
Je me sens Marseillais avant d’être Français. C’est un sentiment de fierté et d’appartenance à ma ville qui est commun à tous les Marseillais. J’aime le côté multiculturel de Marseille, sa position d’ouverture vers le monde, son esprit rebelle qui a été présent lors de la dernière révolution où Marseille était connue comme la Commune-Sans-Nom. Cette ville a un esprit insoumis, enragé et têtu qui fait partie intégrante de son identité. Marseille c’est nous contre eux, c’est l’endroit où je me sens le plus à l’aise et où je me sens le plus moi-même.

L’EP ‘Nostra Dona De La Gardia’ arrive sur ton propre label Olympe. Quelle est ta ligne directrice avec ce nouveau label ?
L’année dernière, au début de mon label, je n’étais pas tout à fait sûr de la direction que je voulais prendre. Mais maintenant pour 2023, j’ai une vision claire de ce que je veux accomplir. Je souhaite continuer à développer mon style, qui se situe entre la progressive house, la techno mélodique, avec ces lignes de basses hypnotiques qui me sont propres qu’on peut retrouver sur des morceaux plus technos comme ‘All I Need’ ou plus groove comme ‘Bodhisattva & Boketto’ ou encore sur mon EP chez Family Piknik avec ‘L’Enfer’. J’aimerais continuer à inviter les artistes que j’apprécie à collaborer sur des remix ou des morceaux originaux. Pour cela, je vais privilégier la sortie de mes morceaux sur mon propre label, pour avoir plus de liberté artistique et la possibilité de travailler avec les artistes qui me plaisent vraiment. Avec le recul, il y a pas mal de morceaux que j’aurai dû sortir sur Olympe au lieu de les signer ailleurs.

Ton morceau s’accompagne d’un remix signé Nick Muir. Comment s’est faite la connexion avec lui ?
C’était un vrai plaisir de travailler avec lui. Avant de lui proposer de remixer le morceau, nous n’avions pas encore eu l’occasion de nous rencontrer, mais nous avons signé sur des labels similaires en 2022, notamment Family Piknik et Krafted. Quand j’ai décidé de sortir le morceau sur mon propre label, je l’ai contacté pour un remix et il a immédiatement accepté car il aimait l’original. Nick est quelqu’un de très humble et simple, ce qui est surprenant étant donné son talent et sa carrière impressionnante. C’est un artiste avec un grand cœur, et je suis fier d’avoir pu travailler avec lui sur cet EP.

Qu’as-tu ressenti en écoutant son remix pour la première fois ?
Une vraie claque ! Son remix est plus orienté dancefloor, le break avec le sonique est vraiment génial et super efficace. Je suis super fier du résultat, je m’attendais à un truc super, mais là, il a mis la barre haute !

Tu as déjà reçu le soutien de nombreuses figures majeures de la musique électronique qui n’hésitent pas à jouer ta musique. Est-ce qu’il y a certains soutiens qui t’ont plus touché ou marqué que d’autres ?
Je comprends que cela puisse paraître utopique ou romantique, mais je ne peux pas sélectionner un moment en particulier où je me suis senti le plus touché par mon travail en tant que DJ. Chaque fois qu’un DJ ou même une personne prend le temps de jouer/écouter l’un de mes morceaux, qu’il soit connu ou inconnu, jeune ou moins jeune, cela me touche profondément. Nous vivons dans une société où il y a une surabondance de contenu musical et où la musique est consommée de manière jetable. Pour moi, il est plus important d’avoir des personnes qui ont un de mes morceaux dans leur top 5 Spotify sur une année civile plutôt que d’avoir des DJs qui me disent que c’est une “super release” mais qui ne prêteront plus jamais attention à elle une fois téléchargée.

Cela fait déjà un certain temps que tu évalués dans le milieu electro et au fil des ans tu as endossé de nombreuses casquettes, à la fois DJ, producteur, patron de label, manager d’une agence de booking, etc. Est-ce qu’aujourd’hui tu as encore des objectifs ou des rêves que tu aimerai réaliser ?
Je ne suis pas intéressé à “percer” dans le monde de la musique et de vivre de cela. Je continuerai à jouer et à partager mes productions tant que cela me procurera du plaisir. Mon souhait serait que mes musiques puissent parler à un public plus large et que je puisse tourner un peu plus. Cependant, je n’ai pas de rêve ou d’objectif spécifique. Je préfère être réaliste et saisir les opportunités qui se présentent à moi. Mes projets professionnels auront toujours la priorité, la musique est un exutoire pour moi, tout comme mes virés régulières au Stade Vélodrome.

Qu’est-ce qui selon toi a le plus évolué/changé depuis tes débuts dans la musique ?
Les réseaux sociaux et la dictature des likes. Le fait de toujours devoir poster de manière constante. Le fait de montrer que tout est parfait, tout est génial. C’est souvent une posture pour donner l’impression que tout va bien, mais en réalité, cela peut être épuisant et parlons franchement, ça me casse les ****. Personnellement, je n’aime pas publier des choses, c’est une véritable torture mentale pour moi, mais je dois m’y plier car c’est devenu la norme. Malheureusement, cela a fait passer la musique en second plan, et TikTok n’arrange rien, tu veux avoir tes 15 minutes de gloire ? Lance un trend sur TikTok avec ta musique.

La notion de plaisir à toujours été importante pour toi. Comment fais-tu pour garder le même plaisir dans ce que tu fais malgré le temps qui passe ?
Faire un break, c’est important, il faut parfois se déconnecter pour mieux replonger dans le bain. Eviter de se comparer et simplement faire ce qui nous plait, et puis si ça plait aux autres, tant mieux. Ne pas se prendre au sérieux, ce n’est que de la musique.

Que peut-on te souhaiter pour cette année 2023 qui commence ?
Une collaboration avec Jul.

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