Google Gemini Lyria 3.
Généré par Gemini

Google déploie son nouveau modèle Lyria 3 au sein de Gemini pour générer de la musique artificielle

Publié le 19 février 2026

Le lancement de Google Gemini Lyria 3 bouscule l’industrie. Entre watermark et vide juridique, l’IA de Mountain View interroge la création musicale.

Après l’image et la vidéo, Google vient de poser la dernière pierre de son arsenal créatif. Le 18 février 2026, la firme de Mountain View a officiellement déployé Lyria 3, son nouveau modèle de génération audio native, au sein de l’écosystème Gemini. Capable de transformer du texte, des photos ou des vidéos en morceaux de 30 secondes, cette mise à jour pourrait bien redéfinir les frontières entre pur divertissement et aide à la composition.

Lire aussi. Streaming : le rapport SoundCloud 2026 sonne-t-il la fin du modèle traditionnel ?

C’est une accélération que peu d’observateurs du secteur avaient vue venir avec une telle intensité en ce début d’année. Google a intégré directement dans l’interface de son chatbot Gemini la capacité de composer de la musique à la demande. Contrairement aux outils spécialisés comme Suno ou Udio, qui nécessitent souvent des plateformes dédiées, Lyria 3 vit nativement dans le fil de discussion habituel des utilisateurs.

Lyria 3 : La fin des paroles manuscrites ?

Le saut technologique réalisé par DeepMind avec ce modèle est significatif. Là où les versions précédentes demandaient parfois une structure complexe, Lyria 3 génère désormais de manière autonome des paroles et des voix basées uniquement sur une intention ou un mood.

Le système se veut résolument multimodal :

  • Prompt textuel : Il suffit de décrire une ambiance (ex: « un slow-jam R&B comique sur une chaussette perdue ») pour obtenir un résultat immédiat.
  • Input visuel : En téléchargeant une photo d’un coucher de soleil, l’IA analyse la palette de couleurs et la mélancolie de l’image pour composer une piste acoustique correspondante.
  • Contrôle créatif : Les utilisateurs peuvent désormais ajuster manuellement le style, le tempo (BPM) et la densité sonore via des commandes précises comme le « weighted prompt ».

Lire aussi. Deezer démonétise massivement la musique générée par IA et commercialise sa technologie de détection

Le défi de l’authenticité : SynthID au garde-à-vous

Face aux critiques récurrentes de l’industrie musicale, Google joue la carte de la transparence technique. Chaque morceau généré par Gemini est désormais marqué par le watermark SynthID. Ce tatouage numérique inaudible permet de vérifier l’origine artificielle du clip, une réponse directe aux craintes de saturation des plateformes de streaming par du contenu synthétique non identifié.

Google assure également que Lyria 3 est conçu pour « l’expression originale » et non pour le mimétisme. Le modèle intègre des filtres stricts empêchant le clonage de voix d’artistes existants ; si un utilisateur demande une piste « à la manière de », l’IA s’inspirera du style global sans copier la signature vocale ou mélodique protégée.

Lire aussi. Bandcamp bannit la musique générée par IA pour préserver l’authenticité artistique

Le « bourbier » juridique de 2026

Malgré ces précautions, l’industrie reste sur le qui-vive. En février 2026, le statut légal des œuvres générées par IA demeure précaire. Selon les directives actuelles, un fichier brut généré par Gemini ne peut prétendre à aucune protection par le droit d’auteur. Pour « posséder » réellement sa création, un artiste doit prouver une « paternité humaine significative », par exemple en retravaillant les stems (pistes séparées) de l’IA dans une DAW (Digital Audio Workstation).

C’est ici que se dessine le futur des producteurs indépendants : l’IA ne remplace pas le génie, elle accélère le prototypage. Réduire le coût d’accès à une démo de qualité en moins d’une minute est un atout, mais la valeur marchande reste liée à l’intervention humaine.

Une arme fatale pour les Shorts ?

L’un des axes majeurs de cette sortie est sans aucun doute l’intégration avec YouTube Shorts. Google donne aux créateurs les moyens de générer des bandes-son uniques et libres de droits pour leurs vidéos courtes, court-circuitant ainsi les problématiques de licences souvent complexes sur les plateformes sociales. Avec une disponibilité mondiale immédiate pour les utilisateurs de plus de 18 ans, Google vient de transformer des millions de smartphones en studios de poche.

Partagez cet article :)

Ses réseaux

Instagram

Youtube

+ en rapport avec l'article