La DJ Rebekah.
Crédit : D.R.

Face aux nouvelles allégations, Rebekah remet le film « When the Music Ends » au cœur de la lutte contre les VHSS

Publié le 24 février 2026

Face aux dérives de la scène électronique, Rebekah et @metoodjs republient un film fondé sur des témoignages réels. Un appel à l’action pour éradiquer les VHSS en club.

Alors que la scène électronique mondiale, et plus particulièrement la mouvance Hard Techno, traverse une période de turbulences marquée par de graves allégations de violences sexuelles, Rebekah a choisi de ne pas simplement réagir, mais d’éduquer. En relayant massivement le film « When the Music Ends », initialement dévoilé en octobre 2024 par le collectif Spilled Milk Films pour sa campagne @metoo.music, l’artiste entend transformer l’indignation passagère en une prise de conscience structurelle. Pour Rebekah, ce film n’est pas un simple objet de communication passé, mais un outil de lutte permanent qui trouve aujourd’hui une résonance tragique avec l’actualité immédiate.

Ce manifeste visuel puise sa force dans une matière brute et indiscutable : des témoignages réels collectés depuis le lancement du mouvement @metoo.music en 2020. En remettant cette œuvre au centre du débat, l’artiste refuse de laisser les récentes accusations s’évaporer dans le flux incessant de l’actualité. Elle confronte le public et les professionnels à la réalité systémique des agressions et des abus de pouvoir, rappelant que la sécurité des corps reste une condition non négociable de la fête.

Une réalité systémique

Le cœur de la démarche de Rebekah repose sur un changement de paradigme fondamental, celui du passage du spectateur passif au témoin actif, ou « bystander ». L’artiste insiste sur le fait que la fin de l’impunité ne viendra pas seulement des institutions, mais de la vigilance de chacun. Elle exhorte chaque maillon de la chaîne, du promoteur au simple clubber, à briser la chaîne du silence en intervenant dès qu’une situation semble dériver. Cette responsabilisation collective est, selon elle, le seul levier capable de rendre les espaces festifs intrinsèquement hostiles aux agresseurs sur le long terme.

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Au-delà de l’indignation, Rebekah appelle à une réforme institutionnelle concrète qui peine encore à se généraliser. Elle milite pour l’adoption généralisée de politiques de tolérance zéro et pour l’instauration de systèmes de signalement officiels, sécurisés et anonymes dans chaque établissement et festival. En maintenant ouverts ses canaux de communication personnels pour recueillir les paroles des survivants, elle pallie les carences d’un système qui a trop souvent privilégié la rentabilité et l’image au détriment de l’intégrité physique de ses participants.

Garantir un espace de liberté

Ce rappel à l’ordre, porté par la puissance évocatrice de « When the Music Ends », souligne une vérité essentielle pour l’avenir de la musique électronique : la pérennité de la scène Hard Techno ne dépendra pas seulement de son succès commercial, mais de sa capacité à garantir un espace de liberté et de respect absolu. En réactivant ce film aujourd’hui, Rebekah prouve que le combat contre les VHSS n’est pas une tendance passagère, mais une lutte de fond qui nécessite une vigilance de chaque instant.

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