Interview : Bon Entendeur | DJMAG France - Suisse - Belgique

Quelques jours après son show au Zénith de Paris, le groupe Bon Entendeur revient pour nous sur sa plus grosse date à ce jour dans la capitale.

 

À peine remis de leurs émotions suite à cette grande première au Zénith de Paris le 1er avril dernier, Pierre Della Monica et Arnaud Bonet, les deux membres sous le feu des projecteurs du groupe Bon Entendeur, sont revenus pour DJ Mag sur ce concert dont l’histoire ne manque pas de péripéties. Entre multiples reports à cause de la pandémie, création d'une scénographie inédite et invités de marque, le collectif se remet à peine de cette date marquante mais semble déjà dirigé vers de nouvelles grandes ambitions. Nous avons pris le poul des deux DJs et producteurs, encore la tête au Zénith... 

Votre date au Zénith de Paris, initialement prévue en mars 2020, a enfin eu lieu, après trois reports. Maintenant que l’adrénaline est un peu retombée, comment avez-vous vécu cette première dans l'une des plus grandes salles parisiennes ?

Pierre : C’était un moment exceptionnel, hors du temps ! On l’avait repoussé trois fois. On arrivait même à un stade où on se demandait si on avait vraiment envie de le faire. Mais cette appréhension a été effacée en un claquement de doigts quand on a vu le tomber de rideau et les 6 000 personnes devant nous.

Arnaud : Il a tout dit ! Cette seconde où nous étions tous les deux derrière le rideau avec l’intro déjà lancée … On entendait les gens derrière mais nous n’avions pas vu la taille de la salle. Et il faut savoir que Pierre et moi nous n’étions jamais allés au Zénith avant, même en tant que spectateurs ! Donc ce moment où l’on est passé de 2 à 6 000 personnes avec le rideau qui se baisse, ça nous a fait drôle et on s’en rappellera toute notre vie.

Est-ce que cette attente sans votre public n’a finalement pas rendu ces retrouvailles encore plus belles ? 

Arnaud : Au niveau du Covid, ça a été dur pour tous les DJs. On vit de la tournée, et d’un coup on s’est retrouvé sans notre travail. Ça nous a aussi permis de passer du temps en studio, de construire ce deuxième album (‘Minuit’ sorti en juin 2021, ndlr) mais ces retrouvailles nous ont fait quelque chose, c’était fort ! On s’est aussi rendu compte que le public a changé. C’est une autre manière de faire la fête !

Pierre : Le plus encourageant c’est de voir le nombre de commentaires positifs. J’ai l’impression que ce moment a été exceptionnel pour tout le monde, pour nous comme pour eux. Quand il y a une grosse pause et qu’après on retrouve le public, même sur la plus petite des scènes, on ressent une énergie incroyable. On l’avait déjà ressenti l’été après le Covid et une nouvelle fois au Zénith vendredi dernier. Tout le monde était chaud et avait envie de faire la fête !

Il y avait du beau monde lors de ce Zénith avec Frédéric Beigbeder, Big Flo et Oli et Sofiane Pamart, des animations et beaucoup de clins d’oeil aux années 70. Aurait-on assisté au même show en mars 2020 ? 

Arnaud : On avait d’abord bossé une scénographie et fait une résidence pour préparer le Zénith pour 2020. Mais on ne l’a pas refait donc on a bossé différemment. Le show qui a finalement eu lieu, on l’a répété sans le faire réellement : par échange de mail, réunions, en disant à telle personne qu’elle arriverait à telle heure etc … Et tout s’est globalement bien passé !

Pierre : Sur les deux derniers reports, on reportait la date sans vraiment y croire. On y allait un peu à reculons, l’épidémie repartait constamment en flèche. On n'avait plus envie de dépenser de l’énergie pour apprendre que le concert allait encore être annulé. Mais là ça sentait bon, tous les signaux étaient au vert donc on a mis les bouchées doubles. La set list était différente de celle prévue il y a deux ans, même au niveau des animations : on devait avoir des grandes télés qui n'y étaient plus parce que ça correspondait au premier album ! En ce qui concerne Frédéric Beigbeder, il était déjà venu. Big Flo et Oli n’étaient pas prévus mais on a fait un EP avec eux (‘Un Été Quand Même’, ndlr) donc ça s’est fait comme ça. On a aussi bossé avec Sofiane Pamart. Ils n’étaient pas tous prévus au départ mais au final on est content de ces deux années écoulées parce que ça nous a permis d’imaginer tout ça avec eux.

Si vous deviez retenir un moment de ce concert au Zénith, ça serait lequel ?

Arnaud : (rire) Pierre d’abord !

Pierre : Ma chute ! Première fois de ma vie que ça m’arrive sur scène. Il a fallu attendre un Zénith devant 6 000 personnes pour tomber ! Il y avait des câbles de partout, l’estrade de 30 centimètres, le stress … Trop d’infos, alors j’ai perdu l’équilibre et je suis tombé.

Arnaud : L’arbitrage vidéo indique qu’il y a peut-être un petit malaise ! (rires)

Pierre : Évidemment je n’ai pas envie de retenir que ça, il y a eu 1 000 autres choses bien plus intenses et importantes, mais c’est le petit truc qu’on n’oublie pas. Juste parce que déjà j’avais et j’ai toujours un énorme hématome. Le lendemain en voyant ça, je me suis dit : « Oh non c’est vraiment arrivé, ça n’était pas un cauchemar ! » C’est la chose dont je me rappellerai, mais pas que de ça, évidemment. (rires)

Arnaud : Il y a eu pleins de moments forts mais Pierre a raison, quand on reparlera de ce Zénith dans deux ans on se souviendra surtout de sa chute. Mais je pense aussi aux intervenants. Par exemple, Big Flo et Oli nous on dit le Jour-J que l’un des deux était malade et qu’il ne pourrait pas être là le soir. On était un peu dépité mais l’autre membre du duo nous rassurait. Jusqu’à 18h on ne savait pas si ils venaient ou pas. On avait prévu un plan B, de jouer un autre morceau. Mais finalement ils sont venus, sans avoir fait de répétition avec nous ! Trente minutes avant de monter sur scène, ils sont venus dans notre loge, on a ouvert l’ordinateur en leur disant : « Les gars, le morceau on l’envoie à ce moment-là. Il y aura 8 secondes d’intro et ça sera à vous. » Ils sont arrivés et ont retourné le Zénith ! C’est là où tu vois que les mecs ont l’habitude. C’était assez marquant.

C’est Emma Peters, jeune chanteuse qui a sorti son premier album récemment, qui a fait votre première partie. Comment l’avez-vous repérée ?

Arnaud : C’est Nicolas (Boisseleau), le troisième membre de notre groupe, qui l’écoutait. On a trouvé ça cool aussi puis on s’est croisés sur une promo radio à  en octobre dernier. Puis après avoir échangé, on s’est dit que ça pouvait être sympa de bosser avec elle pour ce Zénith. Elle était d’accord et ça s’est fait comme ça. On a adoré sa première partie !


"Si au bout d’un moment on ne s’arrête jamais on va rentrer dans une forme de routine où on sera moins bon, où on aura moins envie et on ne veut justement pas ça. On adore ce qu’on fait et on a envie de rester chaud."


Après une salle du calibre du Zénith de Paris, quel est le prochain grand défi à relever pour Bon Entendeur ?

Arnaud : Le troisième album ! On a envie de tester d’autres choses, on en parlera en temps voulu. Mais on va certainement essayer un petit twist, partir sur autre chose. C’est un gros challenge qui nous attend. On a une grosse ambition sur ce troisième album qui est uniquement dans nos têtes pour l’instant. Et puis on a beaucoup tourné en France et on s’est dit qu’on allait s’arrêter complétement en octobre.

Pierre : C’est une exclu pour DJ Mag !

Arnaud : Ça va durer au moins un an et demi ou deux ans, on verra. Entre temps on reviendra avec un album. C’est quelque chose qu’on a acté entre nous parce qu’on n’a pas envie de faire tout le temps les mêmes trucs, on a envie de nouveauté et de prendre le temps de se recentrer.

Pierre : On ne peut pas réfléchir et créer un album quand on est constamment sur la route, c’est soit l’un soit l’autre. Il y a un moment pour la route et un moment pour le studio et il est bientôt temps pour nous de repartir en studio.

Arnaud : Ce week-end on est à Bruxelles et Strasbourg, le week-end dernier on était à Lyon, Nancy et le Zénith de Paris. Lille et Bordeaux le week-end d’avant, Copenhague, Barcelone … On n’arrête pas ! Et puis on a aussi envie de garder la flamme. Si au bout d’un moment on ne s’arrête jamais on va rentrer dans une forme de routine où on sera moins bon, où on aura moins envie et on ne veut justement pas ça. On adore ce qu’on fait et on a envie de rester chaud.

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