Interview : Naeleck | DJMAG France - Suisse - Belgique

Exilé au Japon depuis une dizaine d’années, Naeleck revient faire trembler l’hexagone. Arrivé plusieurs fois aux portes du Top100DJs, le Français entend bien amener sa bass music inspirée de l’univers du gaming au sommet. Il nous dévoile ses projets.

Patrie du gaming, du cosplay et des mangas, le Japon ne pouvait qu’adorer Naeleck. Le Français, débarqué là-bas il y a une dizaine d'années, a su s’y faire une place avec une musique énergique puisant dans un répertoire varié alllant de l'EDM au hardstyle en passant par la bass et la French Touch, incarnée par un avatar au masque semblant tout droit sorti d’un animé. Si Naeleck embrasse pleinement la facette ludique de sa musique, le DJ et producteur a su mener sa carrière avec sérieux, devenant un acteur incontournable du circuit électronique asiatique. A la tête de deux labels, arrivé aux portes du Top100DJs, le Français a su bâtir un parcours aussi solide que sa musique, que l’on retrouve fréquemment dans les charts Beatport. De retour en France avec de nombreux projets dans ses bagages, Naeleck nous en dit plus sur son avenir.

Comment vas-tu, en cette période difficile pour l’industrie musicale ?

Cela fait plus d’un an que je n’ai pas joué et que je ne suis pas retourné en Asie où je vivais, donc disons que j’ai connu des temps meilleurs. Mais je ne pense pas être le plus à plaindre quand je vois mes potes qui organisaient des événements ou géraient des clubs… Au moins, il me reste ma musique.

La pandémie t'a-t-elle obligé à revoir tes projets, en a-t-elle amené de nouveaux ?

Comme je le disais, je ne joue plus et ne voyage plus. J’ai donc modifié mon quotidien et je compose beaucoup plus. Je travaille aussi sur mes labels, Den Haku Records et Dancing Dead et je me suis également lancé sur Tiktok avec un projet animé.

Tu as établi ta carrière au Japon. Quel a été ton parcours ?

Je suis mort en 2010 mais un démon m’a donné une deuxième chance de réaliser mon rêve de devenir le meilleur DJ au monde. Par contre, il a aussi changé mes goûts musicaux pour que j'apprécie beaucoup plus la violence et la saturation que les mélodies plus pures. J’ai vu qu’au Japon il y avait une scène pour ça et j’y suis allé.

Quelles sont les différences majeures entre les écosystèmes français et japonais en matière de musique électronique ?

Je pense qu’en France, même s’il y a plusieurs scènes, on fonctionne plus par cycles. En 2012 c’était l’electro, aujourd'hui plus la house et la techno. Au Japon je trouve ça beaucoup moins cyclique : il y a des dizaines de scènes qui cohabitent depuis très longtemps avec des clubs techno, des clubs dubstep, des clubs drum & bass et pareil pour les festivals. Je tiens d’ailleurs à rendre hommage à l’un de mes clubs préférés, AgeHa, qui vient malheureusement d’annoncer sa fermeture. C'était le plus grand du Japon et le sound system était insane.

Dans une précédente interview, tu nous disais vouloir développer ta carrière dans l’hexagone. Où en est ce projet ?

Je suis en France depuis juillet 2020, donc plus d’un an maintenant, et même si ce n'était pas possible d'y jouer, j’ai collaboré avec plusieurs artistes français. C'est notamment le cas pour The Toxic Avenger, que je suis depuis très longtemps, et qui a fait un remix de l’un de mes titres. J’ai aussi signé plusieurs talents français sur mes labels, tels que Mephi, ON POINT, Fatesky et Lodgerz.

Ta musique évolue entre bass et EDM. Récemment, tu es sorti de ton style de prédilection pour proposer un EP plus calme aux saveurs 80s mélancoliques et groovy : ‘All My Heroes’. Ton identité artistique est-elle en train d’évoluer ?

J’aime énormément la synthwave et ça faisait longtemps que j’expérimentais un peu dans ce style. Avec la fermeture des clubs, je ne pouvais plus tester mes morceaux plus violents avant de les sortir et c’est de là qu'est né ‘All My Heroes’. J’ai un deuxième morceau synthwave qui va sortir à la rentrée et je pense en refaire parce que c’est dommage de s’enfermer dans un style. Mais ce n’est pas pour cela que je vais arrêter de sortir de la bass et de l'electro.

Quels sont tes projets à venir pour la fin de l’année ?

J’ai plusieurs sorties de prévues en septembre dont un EP de remixes pour ‘All My Heroes’ avec The Toxic Avenger et Curbi, ainsi qu’un nouveau titre original en collaboration avec Wasiu, un rappeur canadien. Je vais aussi continuer de développer mes labels, puis à partir d’octobre enfin recommencer à jouer.

Ces dernières années, tu t’es arrêté aux portes du Top100DJs. Entrer dans le tableau principal du classement, c’est l’un de tes objectifs ?

Comme je le disais, j’ai fait un pacte avec un démon et je dois devenir le meilleur DJ au monde, sous peine de lui donner mon âme. Donc oui entrer dans le tableau principal du classement, et même y finir premier est mon objectif principal !

Articles en relation

Commentaires