Interview : Imanbek | DJMAG France - Suisse - Belgique

Le producteur kazakh révélé au monde entier avec son remix de ‘Roses’ revient sur son incroyable ascension et nous dit tout sur ses projets à venir.

C’est une success story digne d’un conte de fées. L’histoire d’un artiste totalement inconnu dont la vie a basculé avec un remix. Cette histoire, c’est celle d’Imanbek Zeikenov, jeune producteur originaire du Kazakhstan qui publie en 2019 sa revisite du titre ‘Roses’ sorti quelques années plus tôt par le rappeur Saint JHN. Contre toute attente, ce remix réalisé sans l’accord de l’artiste ou de sa maison de disque devient rapidement viral sur Internet. Accumulant au fil des mois plusieurs millions d’écoutes sur les plateformes de streaming, ce ‘Roses’ remanié finit ainsi par s’imposer comme l’un des tubes incontournables de l’année 2020 dans le monde entier – permettant même à Imanbek de remporter en début d’année un Grammy Award du meilleur remix. Depuis, le producteur a à cœur de montrer qu’il n’est pas l’homme d’un seul coup. Désormais devenu l’un des noms les plus en vue de la scène électronique, le Kazakh enchaine les sorties remarquées aux côtés d’artistes aussi prestigieux que Marshmello, Alan Walker, Rita Ora, Sean Paul ou Cher Lloyd avec qui il partage son dernier single ‘Baddest’. Imanbek revient pour nous sur son parcours, sa nouvelle vie et ses projets à venir.

Comment as-tu découvert la musique électronique ?

J’ai toujours été un grand fan de musique en générale donc la dance music a toujours été là avec les autres genres. Mais en tant que grand fan de sound system pour voiture, mes enceintes avaient besoin de contenu. Donc la dance music et l’électro sont rapidement venues.

A cette période où tu découvres la musique électronique, est-ce qu’il existait une scène locale au Kazakhstan ?

Pas vraiment, je dirai plus que nous sommes d’avantage dans le hip-hop ou la musique pop. Il n’y avait pas vraiment de scène ou de marché pour la dance music.

Alors comment as-tu commencé à faire ta propre musique ?

Par simple loisir. Ça a toujours été un passe-temps, je lançais des idées en l’air et je jouais avec ces idées en faisant des remixes.

Le monde entier t’a découvert avec ton remix de ‘Roses’. A quel moment tu t’es dis que ça commençait à vraiment devenir énorme ?

Quand des gens ont commencé à me reconnaitre dans des lieux complétement aléatoires. Là ça a été le moment. Je suis quelqu’un de très simple, je ne frime pas. Quand des gens ont commencé à m’interpeller et à vouloir prendre des photos avec moi, là j’ai réalisé que ma vie avait changé.

Avec le recul, comment tu expliques cet incroyable succès ?

Je ne peux pas l’expliquer. Le plan du Seigneur, beaucoup de chance. Mais j’ai toujours fait des expériences alors peut-être que la chance est un reflet mathématique de mes tentatives.

Est-ce que le succès de ‘Roses’ t’as mis une pression pour le reste de ta carrière ?

Au début oui. Beaucoup de monde me regardaient en se demandant si j’étais capable de faire quelque chose d’autre. Et bien sûr il y avait une sorte de situation délicate. Mais grâce à mon équipe, nous avons fait en sorte de rester cool et de penser sur le long terme, à la fois sur un plan créatif et stratégique. De cette façon j’ai pu créer tellement plus de singles et de collaborations qui maintenant sont eux-aussi joués à la radio dans le monde entier et ont des millions de streams. Donc cette pression n’a pas duré longtemps, elle s’est arrêtée l’été dernier quand j’ai commencé à sortir d’autres singles.

Avec tout ce qui s’est passé pour toi depuis la sortie de ce remix, quelle est la chose dont tu es le plus fier ?

Je crois que c’est probablement le fait que je suis toujours resté le même avec mes amis, ma famille et mon équipe. Je n’ai pas changé à l’intérieur et pas tant que ça à l’extérieur. Je reste le même et je recommande ça à tous les producteurs qui ont du succès venu subitement.

Est-ce que depuis ton remix de ‘Roses’, ta façon de faire de la musique a changé ?

Je ne crois pas que j’ai vraiment eu un style strictement spécifique ou des règles précises mais j’aime garder mes signatures sonores dans chacun de mes morceaux. Les seules exceptions étant les collaborations avec des artistes venant de genres très différents du mien. Pour le reste, je garde de façon conceptuelle les mêmes bases – ce que les gens dans l’industrie appellent maintenant la Imanbek house ou le style Imanbek.

Maintenant tu as la chance de collaborer avec des artistes comme Rita Ora ou Sean Paul. Quand tu commences un nouveau morceau, est-ce que tu as déjà un chanteur ou une chanteuse en tête ? Ou préfères-tu faire ta musique et voir après qui y collerait le mieux ?

Bonne question. J’adore imaginer le film en entier et rêver grand donc quand je commence à faire de nouvelles démos, j’ai toujours une démo pensée pour une collaboration précise. C’est toujours bien d’avoir une référence en tête, ça aide à rendre le message plus concret. Mais bien sûr il y a toujours des exceptions. Après maintenant je reçois beaucoup d’offres de collaboration donc c’est plus facile de juste commencer avec un artiste particulier en tête car il y a de fortes chances que ça puisse se faire derrière.

En parlant de collaborations, quelles seraient tes collaborations rêvées ?

Je dirais Selena Gomez, Halsey, Travis Scott et DJ Snake.

Tu évoquais juste avant le style Imanbek. Qu’est-ce que ça fait de voir maintenant d’autres artistes essayer de copier ta formule pour reproduire des morceaux « à la Imanbek » ?

Je viens de l’Est et je peux dire qu’ici nous accueillons bien tout effort et tentative de faire de la musique. Mais toutes les tentatives ne marchent pas et parfois c’est amusant de voir comment les imitateurs essaient quelque-chose et finissent parfois par y arriver. Mais ce n’est pas quelque chose auquel je fais attention ou dont je discute avec mes amis. C’est probablement plus à mon manager de s’en occuper et de voir ce qui se passe autour de moi. Je suis un créateur donc je ne suis pas dans la réflexion sur ce que les autres essayent de copier.

Tu as déjà sorti de nombreux singles et remixes ainsi qu’un EP avec Rita Ora. Est-ce qu’on pourrait voir un jour un album complet d’Imanbek ?

J’y réfléchis déjà pour 2022 mais je pense d’abord sortir un EP et après le LP. J’ai des tas de nouveaux morceaux donc maintenant je suis sur le chemin de la maturité. J’ai besoin du bon moment et de la bonne vibe. La sagesse est de ne pas précipiter les choses ou comme on dit chez nous : ne pas courir devant le train.

Avec ton succès, est-ce que tu penses que tu peux inspirer une nouvelle génération de jeunes Kazakhs à se mettre à la musique électronique ?

Oui totalement. Je vais même lancer prochainement mon propre label avec Effective Records qui s’appellera Rahmet Music. Je vais essayer de soutenir mes compatriotes du Kazakhstan tout particulièrement mais bien sûr nous serons aussi ouverts aux gens du monde entier. La musique n’a pas de frontière.

Est-ce que tu vas bientôt commencer à jouer sur scène ?

Je m’entraine en ce moment. Je construis mon studio de répétition dans mon garage et je prévois de commencer à tourner en septembre ou octobre. Pour le moment, j’ai une personne spéciale de mon équipe qui est autorisée à jouer des DJ-sets Imanbek. C’est un set et un travail très spéciaux, les promoteurs adorent.

Quelle est la suite pour toi maintenant ?

J’ai un remix du morceau ‘Iko Iko’ qui devrait arriver rapidement, une collaboration avec mon ami KDDK et Ya Rick avec qui je co-produit beaucoup, une collab avec la chanteuse LP, un single avec mon collègue Rompasso. J’ai aussi un single basé sur un gros sample que je viens juste de clearer et je pense que les gens vont être très surpris d’entendre un tel morceau. Après ça, je vais aussi montrer quelque chose de totalement nouveau pour mon public mais je garde encore le secret pour le moment sinon les imitateurs vont encore essayer de me copier. Mais je vous garanti qu’il y a beaucoup de surprises qui arrivent.

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