Interview : Alok | DJMAG France - Suisse - Belgique

Le DJ et producteur brésilien fait le bilan de son année 2020 particulièrement dense.

Quelle année pour Alok ! Malgré le contexte actuel et l’l’impossibilité de jouer face à un public, en 2020 le DJ et producteur a été sur tous les fronts. Sortie de remixes et singles remarqués (dont une toute première collaboration avec son compatriote Vintage Culture), organisation de livestreams ou même apparition en tant que personnage jouable dans le jeu vidéo Garena Free Fire, le Brésilien a profité des derniers mois pour confirmer son statut de nouvelle superstar de la musique électronique. Preuve de cette belle ascension, il vient de faire son entrée dans les dix premières places du Top100DJs et siège désormais à la cinquième position du prestigieux classement. Alok revient pour nous sur cette année particulièrement dense, son statut d’ambassadeur de la scène électro brésilienne et évoque ses nouveaux projets à venir.

Avec le coronavirus et tout ce qui s’est passé ces derniers mois, comment as-tu vécu cette année si spéciale ?

Ça a été une année triste et tragique à bien des égards et des aspects. Des vies perdues, un futur incertain pour des millions de personnes, des pertes matérielles, émotionnelles et spirituelles à travers le monde. Ma situation a été bien différente je crois. J’ai été extrêmement chanceux en 2020. C’est en fait assez fou de penser qu’au milieu de tant de chaos et d’incertitude, mon premier fils Son Ravi est né et ma première fille Raika est en route. Avec autant d’amour, de vie, de lumière et de bénédictions, j’ai pu trouver la force, l’inspiration et le bonheur pour rester concentré sur mon travail et continuer à aider les gens autant que je peux en ces temps difficiles.

Est-ce qu’il est difficile de rester créatif et concentré sur ta musique dans le contexte actuel ?

Je dois dire que certains mois et moments ont été assez difficiles non seulement pour nous dans l’industrie de la musique, mais aussi dans le monde entier. Cependant, j’ai pu me concentrer et continuer à travailler en studio autant que possible. Ma famille a été ma plus grande force et ma plus grande source d’inspiration. Je suppose que ce contexte nous a aussi rapprochés de nos familles d’une certaine façon, physiquement et mentalement.

Qu’est-ce que ça fait de sortir de la musique sans pouvoir la jouer sur scène ou en club ?

C’est assez étrange et vague. Bien que l’espoir que le temps apporte de meilleures nouvelles et des jours meilleurs a été le plus grand carburant pour nous-mêmes. Nous devons continuer à faire de la musique pour évacuer un peu de la tension et du stress que tout le monde endure cette année.

En parlant de musique, cette année tu as fait un remix pour les Rolling Stones. Est-ce que ça a été facile pour toi de t’attaquer à un groupe aussi légendaire ?

Cela a vraiment été une étape importante pour moi et mon aventure musicale. En plus de réaliser un rêve, le processus de travail sur une piste qui a été effectivement faite par ces figures légendaires a été très challengeant. Je ne peux pas dire que c’était facile car il y avait vraiment une certaine pression autour de mon travail. Mais il n’était pas non plus difficile d’être créatif avec les éléments si musicaux et groovy qui composent la chanson.

Tu as encore des artistes que tu révérais de remixer ?

J’ai tout un tas d’artistes et de morceaux dont j’adorerai faire un remix. Comme je suis très varié dans mes goûts musicaux, je pourrai facilement remixer des artistes allant des Beatles et The Prodigy à The Chainsmokers ou Michael Jackson. Indépendamment des styles et des genres, le meilleur type de musique est la musique qui me donne des frissons.

Parmi les autres bonnes nouvelles de 2020, tu es entré dans le top 10 du Top100DJs et tu trônes désormais à la 5e position du classement. Comment as-tu réagis à cette nouvelle ?

Je suis très reconnaissant de recevoir autant d’amour. D’être inclus dans un tel groupe restreint d’artistes internationaux, c’est une bénédiction que je n’aurai jamais pu imaginer. Sans aucun doute, la responsabilité et le poids d’une telle récompense m’aide à garder les pieds sur terre et à continuer de travailler pour mériter tout ça.

Avec ton succès et tout ce que tu as accomplis au cours des dernières années, tu es devenu au fil du temps un véritable ambassadeur de la scène électronique brésilienne. Es-tu à l’aise avec ce rôle ?

Je suppose qu’un tel rôle est venu avec beaucoup de choses combinées au fil des ans. J’ai toujours été très impliqué et connecté à la musique électronique depuis que je suis tout petit. Le fait que mes parents dirigent un festival de musique électronique qui est une institution au Brésil m’a également rapproché de cet univers il y a de nombreuses années. Parfois, je regarde en arrière et il est surréaliste de se rappeler tout ce qui est arrivé pour transformer la scène brésilienne en ce qu’elle est devenue au cours de la dernière décennie. Il est extrêmement gratifiant de faire partie de cette évolution.

En parlant de ton rôle d’ambassadeur, l’année dernière tu as également lancé ton propre label CONTROVERSIA. Qu’est-ce qui t’as motivé à lancer cette aventure ?

CONTROVERSIA a été créé à partir de mon désir de travailler avec certains des artistes talentueux que je croise tous les jours. C’est un label où je suis libre d’expérimenter avec tant de talent et de passion provenant des nombreuses personnes qui m’envoient leur travail. C’est super de partager mon savoir et mes conseils avec toutes ces légendes en devenir.

Quelle est la suite pour toi maintenant ?

J’ai beaucoup travaillé en studio ces derniers mois sur de nombreux projets différents. Le prochain grand projet implique un livestream très spécial et technologique sur lequel je travaille avec mon équipe pour faire une expérience unique pour tous ceux qui regarderont. Je veux vraiment travailler aussi dur que possible au cours des prochaines semaines et naturellement, je vais prendre une petite pause quand ma fille naitra en janvier 2021.

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