Ibiza touchée en plein coeur ! | DJMAG France - Suisse - Belgique

Alors que les premiers touristes sont de retour à l'aéroport d'Ibiza, les clubs de l'île - parmi les plus prestigieux au monde - semblent exclus du plan de reprise élaboré par les autorités locales...

La crise du Covid19 n'en a pas fini de mettre à mal le monde de la nuit. Alors qu'en France, de plus en plus de professionnels s'impatientent - à juste titre - de pouvoir rouvrir leurs établissements, les clubs d'Ibiza ont déjà fait une croix sur la saison 2020... 

Le symbole est dramatique pour tout le secteur des musiques électroniques et le paradoxe assez frappant : alors que le gouvernement espagnol a annoncé la réouverture de ses frontières, que l'épidémie semble désormais contenue dans la plupart des pays européens (durement touchés en mars et avril) et que les touristes étrangers atterrissent à nouveau depuis hier sur l'île (76 touristes allemands ont ainsi débarqué ce mercredi 17 juin), faisant penser à une reprise d'activité encourageante, les autorités locales ont fait savoir qu'elles ne souhaitaient pas que les clubs de l'île reprennent leur activité - même partielle - cet été.

Quand on sait à quel point le clubbing et l'événementiel sont deux puissants moteurs du tourisme à Ibiza, cette décision est une véritable onde de choc pour les professionnels du secteur. Certains ont décidé de rentrer en guerre contre les autorités, estimant qu'il n'y a pas plus de risques de contracter le virus en club que dans un bar de plage, à 16h ou à 4h du matin. D'autres, à l'image du Hï Club et de l'Ushuaïa, tous deux gérés par le Français Yann Pissenem, ont officiellement fait une croix sur leur saison 2020, estimant qu'il ne servait à rien d'espérer que la situation ne s'améliore. L'hypothèse de voir Ibiza faire sa saison 2020 de septembre à novembre semble elle aussi ne pas être retenue par une majorité des patrons d'établissement.

Un manque à gagner colossal 

L'enjeu est de taille pour les géants du clubbing à Ibiza, ouverts chaque jour/soir de la semaine en temps normal. Certains établissements comme l'Ushuaïa génèrent plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires par soirée. Les conséquences d'une saison blanche sont donc sans équivoque. Au-delà de la perte financière, il en va de l'ADN même d'Ibiza, qui, privée de ses lieux de loisirs, se sent comme amputée de sa joie de vivre. Le journal quotidien Diario de Ibiza titre ce jour "Les discothèques de l'île ont compris qu'elles n'ouvriraient pas et demandent de l'aide". Une réunion entre les associations représentatives du milieu de la nuit et le conseil économique et touristique a donc lieu ce jeudi 18 juin pour évoquer un plan d'aide majeur à destination des nombreux clubs de l'île, courtisés à la fois par les DJs stars que les aficionados du monde entier. 

 

Jesus Sanchez, qui préside le collectif Abone (Asociación Balear de Ocio Nocturno y Entretenimiento) ne souhaite pas jeter l'éponge comme le Hï Ibiza et l'Ushuaïa. "Nous étions capables et préparés à appliquer le protocole du ministère de la santé et, alors que la phase 3 du déconfinement se met en oeuvre, le gouvernement fait marche arrière nous concernant" dit-il dans les colonnes du Diario. Sur place, l'incompréhension est plus forte quand on sait que le gouvernement a autorisé la réouverture des Beach Clubs mais interdit les café-concerts et autres clubs. 

Enfin, certaines voix s'élèvent déjà pour contredire les articles relayés dans le journal Diario de Ibiza, estimant que la saison 2020 aura bien lieu, même si certains établissements ont fait le choix économique de ne pas ouvrir. Chris Braun, le manager du duo Artbat, qui vit à Ibiza toute l'année, s'est ainsi fendu d'une publication Facebook pour critiquer l'ambiguité des articles du quotidien ibizenco, estimant de son côté qu'il y aura bel et bien une activité clubbing sur l'île dès le mois de juillet, sous-entendant qu'il était tout simplement impossible que le tourisme ne reprenne à Ibiza sans DJ sets et clubbing.

Même si tous ceux qui connaissent bien Ibiza imaginent difficilement, en effet, que l'île blanche puisse se priver encore longtemps de son indéfectible sens de la fête, les autorités espagnoles démontrent en tout cas que les discothèques, les DJs et les clubbers ne font pas partie de leurs priorités. Derrière le discours ultra-sécuritaire des autorités, qui répètent en boucle vouloir faire passer la santé avant l'économie, beaucoup voient là une vraie atteinte au rayonnement international d'Ibiza et à la culture club dans son ensemble. 

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