Interview : Netsky | DJMAG France - Suisse - Belgique

Rencontre avec le DJ et producteur belge Netsky à l’occasion de la soirée ‘Our Story’ organisée par Tomorrowland.

Netsky est surement l’un des meilleurs représentants de la scène drum’n’bass des années 2010. Pourtant, il serait désormais presque réducteur de limiter l’auteur des singles ‘Memory Lane’ et ‘Come Alive’ à la seule sphère de la drum’n’bass. Avec des tubes comme ‘Puppy’ ou ‘Rio’, et ses collaborations avec des artistes comme Selah Sue ou Emili Sandé, Netksy a su repousser les limites de son genre pour donner une vraie dimension pop à sa musique. Un virage artistique qui a pu déstabiliser les fans de la première heure mais qui a permis au Belge (de son vrai nom Boris Daenen) de s’ouvrir à un public toujours plus large. Dix ans après ses premiers succès, Netsky continue toujours de se réinventer et produit une musique qui, à l’image de son récent single ‘Snitch’ en featuring avec Aloe Blacc, ne se soucis plus des barrières des genres. Mais si son style évolue au fil du temps, Netsky a su conserver un élément clé de son succès : son énergie sur scène. Que ce soit en DJ-set ou accompagné d’un live band, le Belge est d’ailleurs passé par les plus grands festivals au monde, de Tomorrowland à Coachella en passant par l’Ultra Miami. Il y a quelques semaines, il était même invité par Tomorrowland à Amsterdam pour jouer à la soirée ‘Our Story’ venant célébrer les 15 ans du célèbre festival belge. L’occasion pour Netsky de reprendre quelques-uns de ses plus grands succès accompagné d’un orchestre symphonique.

Comment as-tu réagi quand tu as appris que tu allais jouer à la soirée ‘Our Story’ ?

C’est vraiment super quand tu reçois une opportunité comme celle-là. J’ai fait Tomorrowland en été, Tomorrowland en hiver et maintenant Tomorrowland sous l’automne pluvieux d’Amsterdam (rires).

Est-ce que tu as eu une pression particulière à jouer pour un tel événement ?

Oui bien sûr. C’est vraiment un autre type de DJ-set, d’ailleurs ce n’est même pas vraiment un DJ-set mais plutôt une performance. Avec cette soirée nous sommes vraiment là pour Tomorrowland et célébrer son anniversaire. J’ai joué huit minutes donc j’ai essayé de tout donné en si peu de temps.

Que représente Tomorrowland pour toi ?

Tomorrowland est plus qu’un simple festival. C’est vraiment un rendez-vous que j’attends chaque année. Et quand tu te ballades le premier jour et que tu découvres les nouvelles scènes, la nouvelle histoire, c’est juste magique. On s’y sent vraiment comme dans une espèce de Disneyland fantaisiste. Même les poubelles y sont d’un autre niveau. C’est un bon indicateur pour voir à quel point le niveau de production y est élevé. Si les poubelles sont cool, le reste va être incroyable (rires).

Tu te souviens de la première fois que tu as joué sur le festival ?

Je crois que c’était il y a huit ou neuf ans. Avant de commencer à mixer j’avais déjà été à Tomorrowland deux fois en tant que simple spectateur. Donc de se retrouver de l’autre côté c’était vraiment super. J’ai joué sur une toute petite scène mais c’était incroyable. Le public était très réactif et l’ambiance au top.

La scène est quelque chose d’important pour toi. En studio, est-ce que tu penses déjà à comment tes morceaux sonneront en live ?

Je crois qu’avant j’y pensais beaucoup mais maintenant c’est un peu différent. Maintenant j’aime juste commencer un morceau en partant d’un piano ou d’une partie chantée et voir où il me mènera. Ça reste important mais parfois il est bien aussi de garder ton esprit ouvert et de ne pas oublier qu’un titre n’est pas obligé d’être fait pour danser.

Tu as commencé ta carrière avec des titres 100% drum’n’bass mais au fil des ans tu t’es ouvert à des sonorités plus pop. Comment expliques-tu cette évolution ?

Quand je suis en studio je veux juste faire la musique qui me plait le plus. Et il s’avère que je suis vraiment tombé amoureux de la pop, du R&B et du hip-hop. A la maison je n’écoute que ça d’ailleurs. J’ai passé beaucoup de temps à Los Angeles l’année dernière, j’y ai rencontré de supers producteurs pop et ils m’ont aidé à faire ce virage.

Sur Internet on peut voir certaines réactions d’auditeurs qui ne comprennent pas ce changement et qui veulent le « Netsky d’avant ». Est-ce que ce genre de réaction t’affecte ?

Ma communauté, et celle de la drum’n’bass en générale, est vraiment passionnée. La drum’n’bass fait partie de leur identité et donc ils veulent conserver ça. Et je trouve ça vraiment super. Mais je ne veux pas faire de la drum’n’bass pour faire de la drum’n’bass. Surtout, j’ai toujours vu Netsky comme une extension de ma personne donc je ne crois pas que je devrais changer mon nom à chaque fois que je m’essaie à un nouveau genre. Cela étant dit, je continue tout de même à faire de la drum’n’bass et je compte même sortir un projet 100% drum’n’bass old-school. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à travailler dessus et c’est vraiment que parfois cette musique me manque. Mais maintenant j’aime vraiment faire les deux, à la fois de la drum’n’bass et aussi quelque chose d’autre.

Quel est ton regard sur l’évolution de la scène drum’n’bass ?

Si tu compares à un autre courant de bass music, la drum’n’bass n’a jamais connue une explosion aussi massive que ce qui a pu se produire avec le dubstep par exemple. Et en même temps, si la drum’n’bass n’a jamais eu de véritable pic, elle n’a pas non plus eu de chute. D’une certaine manière elle reste constante au fil des ans. C’est une musique et une communauté qui reste active et passionnée sans se soucier des modes et des tendances, et c’est aussi ça qui rend ce mouvement aussi intéressant.

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