Interview : The Bloody Beetroots | DJMAG France - Suisse - Belgique

Alors que les Bloody Beetroots sont en France pour une tournée de trois dates, son fondateur Sir Bob Cornelius Rifo a répondu à nos questions, revenant sur une année 2019 en forme de renouveau.

A l’instar des trois dates hexagonales en club dans lesquelles se lancent ce soir les Bloody Beetroots, l’année 2019 aura vu le groupe se délester de ses guitares et batteries pour se plonger dans une musique 100% électronique. Un renouveau officialisé par l’EP ‘Heavy’, et confirmé par un improbable featuring avec l’américain ZHU. Le mystérieux fondateur du groupe, invariablement affublé d’un masque de vénom, nous en dit plus sur ce tournant de la carrière des betteraves sanglantes, dix ans après le succès mondial de leur titre 'Warp' aux côtés de Steve Aoki.

Ton EP ‘Heavy’ sorti il y a quelques mois est un hommage à tes racines électro. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour les Bloody Beeroots ?

C’est vrai ! On emprunte un nouveau chemin. Dans ‘Heavy’, je vais chercher du côté de la techno, de la house ou de la bass house… En tant que Bloody Beetroots, en 2019, est-ce qu’on peut refaire de la musique purement électronique ? Pour le savoir, il nous faut pratiquer. Après la sortie de notre dernier album j’ai voulu « rebooter le système » et repartir de zéro, me mettre au défi de me confronter à la nouvelle génération et voir ce qui allait se passer. C’est pourquoi j’ai fait autant de collaborations ces derniers temps. Nous sommes en recherche d’un nouveau langage, d’une nouvelle identité.

Votre récente collaboration avec ZHU, dont l’univers est assez éloigné du votre, s’inscrit-il dans cette démarche ?

C’est vrai que nos univers sont assez éloignés, mais il y a des choses qui nous rassemblent. On se cache, on garde le mystère sur nos personnalités, et ça m’a donné envie de collaborer avec. Passer du temps ensemble en studio a été très bonne expérience. Je pense qu’on a fait un bon morceau, assez inattendu, du moins en ce qui me concerne. Mais c’est ce que j’aime, essayer de me dépasser, d’amener notre musique là où on ne l’attend pas. Tout est une question de liberté, et nous n’avons jamais transigé là-dessus. On ne suit pas les modes ni le marché. On est un peu les moutons noirs de ce business ! La musique est ma manière privilégiée de m’exprimer, donc je ne peux qu’être sincère dans ce que je fais. Ce genre de collaboration, c’est aussi un moyen de pousser mon public à écouter de nouvelles choses.

Les différents featuring qui ont émaillé votre carrière, de Paul McCartney à ZHU, vous ont permis d’évoluer en tant qu’artiste ?

Complètement ! C’est une manière d’explorer de nouveaux genres. Quand on me demande de hurler sur du dubstep, je n’hésite pas car c’est quelque chose que je n’ai jamais fait et que je ne referai peut-être pas. Pareil pour Paul McCartney ! C’était une expérience incroyable d’un point de vue personnel. Dans tout cela, il n’est question que de gens qui veulent se stimuler et dépasser leurs frontières musicales.

Cette année marque un tournant dans la carrière des Bloody Beetroots. Quel bilan en tires-tu ?

Ça a été une année aussi surprenante qu’excitante. L’an passé nous avons pris une pause dans le live, et avons décidé de nous concentrer sur les DJs sets sans ambition particulière. D’un coup, nos booking ont décollés, nous avons voyagé partout dans le monde, en Australie, en Asie, en Europe, aux Etats-Unis… Ça a été l’une des années les plus folles de notre carrière ! Nous avons réunis nos fans de la première heure et une nouvelle génération qui ne nous connaissait pas encore. Notre nombre d’auditeurs mensuels sur Spotify a même doublé, ce qui est dingue après quinze ans d’activité. Forcément, cela nous a encouragé à sortir de nouveaux titres, auxquels le public a très bien réagi. C’était un peu comme repartir de zéro !

Tu arrives à prendre autant de plaisir en DJ set qu’en live ?

On a toujours marché sur deux jambes, entre le live et les DJs sets. Ils sont complémentaires. Les DJs sets te permettent d’analyser les tendances, d’avoir un retour instantané du public sur ce qui fonctionne ou pas. L’énergie du live me manque, mais nos DJs sets n’en sont pas trop éloignés… Je ne suis pas le genre de mec à rester assis derrière mes platines. Je suis toujours en train de sauter partout, de hurler, de sauter dans la foule… L’absence de la guitare peut se faire ressentir, mais j’utilise mes CDJs de la même manière, le rythme punk-rock est toujours là quoi qu’il arrive.

Vous avez récemment fêté les dix ans de votre tube ‘Warp’ avec un EP de remixes. C’était une manière de boucler la boucle ?

Ce titre est entré dans l’histoire des musiques électroniques, ce qui me paraît incroyable, d’autant que c’est un titre que j’ai fait en quelques minutes. Nous voulions marquer le coup car ce morceau le mérite. Mais nous voulions aussi que nos fans les plus récents s’y interessent. On a donc appelé de jeunes producteurs pour donner différentes visions du morceau. C’est une manière de rassembler le passé, le présent et le futur.

De la même manière qu’’Heavy’ se focalise sur votre côté électronique, pourriez-vous sortir un EP 100% instrumental ?

Il faudrait peut-être qu’on sorte ça sous un autre nom, l’essence des Bloody Beetroots est de mêler un esprit punk à une musique électronique. Mais oui, c’est au programme ! Il y a quelques années nous avions lancé un projet nommé Rifoki, où Steve Aoki m’accompagnait au chant. Il ne peut plus hurler donc on ne peut pas reprendre, mais j’ai dans l’idée de créer un side-project orienté punk.

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