Interview : Martin Solveig, un DJ épanoui ! | DJMAG France - Suisse - Belgique

Quelques heures avant son set 100% français sur la Main Stage de l'Electrobeach, Martin Solveig s'est confié sur sa carrière, sa vision de la scène électronique actuelle et ses projets en cours...

C'est certain, Martin Solveig est vraiment épanoui. Riche d'une expérience de plus de 20 ans, le DJ-producteur français se réjouit de pouvoir faire ce qu'il veut. Tant en matière de mix qu'en matière de production. Sa résidence au Pacha Ibiza, intitulée My House, lui donne une totale liberté, qu'il apprécie de plus en plus. A côté de ça, il y a les festivals. Toujours autant séduit par cette énergie, Martin Solveig sait adapter son style à toutes les situations. Comme à l'Electrobeach, où il a régalé le public avec un set risqué, 100% français, qui a très bien fonctionné. C'est justement avant de monter sur la main stage de l'EMF que nous avons discuté un moment avec lui... Interview !


 La Future House, si je comprends bien, c’est de la House avec des breaks et des drops...


Que penses-tu de l’évolution du festival Electrobeach ? 

C’est très agréable de voir que l’Electrobeach marche aussi bien. Les artistes adorent venir ici parce que je pense que c’est un festival qui les met bien en valeur. Souvent, avec l’évolution et l’ampleur qu’ont pris les gros festivals ces dernières années, on se rend compte qu'il y a plus de valorisation des festivals en eux-mêmes plutôt qu'une réelle mise en avant des artistes. A l'Electrobeach, ce n’est pas le cas et c’est pour cette raison que les artistes répondent présents. La programmation de cette année est une fois de plus impressionnante !

Tu disais il y a quelques années que les festivals avaient clairement pris le dessus sur les clubs, tu avais même envisagé d’arrêter de mixer en club… L’Electrobeach répond-il donc à tes exigences de DJ, étant donné ton choix de te concentrer sur ce format de performance ?

Ma musique a évolué, je suis d’ailleurs revenu à mes premiers amours musicaux en décrochant ma résidence au Pacha Ibiza, en club. "My House" est vraiment un show calibré pour le club. Je ne pense pas que je pourrais jouer le même genre de sets en festival. Tout est très différent, mais aujourd’hui je suis très heureux de pouvoir faire les deux. J’ai toujours aimé les choses différentes, j’ai toujours voulu évoluer et c’est pour ça que je goûte tout ce que l’on peut faire. C’est-à-dire aussi bien des sets très énergiques en festival et des sets plus pointus en club. J’ai même fait un live instrument avec de la guitare et de la batterie il y a une dizaine d'années. Qui sait ? Peut-être que je reviendrai à quelque chose de similaire dans le futur...

J'ai déjà sorti 5 albums et ça m’a fait à chaque fois beaucoup de peine...

A côté de ça, tu as tout de même une identité musicale vraiment marquée. Par exemple, dans ton dernier single, 'Do It Right', on retrouve des sonorités propres à ton style du passé, époque 'Rocking Music' notamment...

Oui complètement, on est "in the zone" comme disent les Américains. Mais je suis assez content car ça se fait presque malgré moi.

Il s’est passé beaucoup de choses depuis l'été dernier et le carton mondial d’Intoxicated. Tu as enchaîné 3 gros singles sur le label Spinnin, qui n'était pourtant pas celui où on pouvait t'attendre. As-tu le sentiment d'être un artiste à part au sein de leur catalogue ?

Spinnin est un label indépendant. Aujourd’hui pour sortir de la musique, il y a deux possibilités. Soit de le faire en tant qu’indépendant, soit via une Major. En l’occurrence, soit dit en passage, je viens de re-signer en parallèle avec une Major. De nos jours, les gens ne consomment plus la musique comme avant. Tu ne payes plus un disque. Tu payes un abonnement et ensuite tu as accès à tout ce que tu veux. C’est un modèle qui est en train de s’affirmer. A ce stade de ma carrière, je veux simplement que ma musique soit accessible. Je pense que Spinnin a voulu élargir sa palette musicale. C’est un label qui vient de styles complétement opposés au mien, c’est vrai, mais je crois qu’ils m’ont proposé de travailler avec eux justement pour marquer ce changement et cette ouverture musicale. Spinnin est un label souvent décrié et je ne comprends pas pourquoi, honnêtement. Les gens oublient que c'est une référence depuis deux décennies et qu'ils ont toujours su signer des artistes influents. Mais tout le monde évolue, les labels, les artistes et leur musique, le public… Il faut garder une ouverture d’esprit, et je pense que Spinnin a fait du très bon travail à mes côtés.

Tu nous disais que tu avais de nouveau signé sur une Major, cela est-il synonyme d’un prochain album ?

Je me base sur l’envie. Et aujourd’hui, pour être franc, je n’ai pas l’envie de faire un nouvel album. J'en ai déjà fait 5 et ça m’a fait à chaque fois beaucoup de peine. J’ai travaillé énormément sur ces albums, ça a été beaucoup d’implication pour, au final, pas grand chose. Comme je le disais, les gens n’écoutent plus d’album. La presse veut des albums mais le public lui n’en veut pas. Mais je ne lui en veux pas, même moi je n’écoute plus beaucoup d’albums. Ce format ne se prête pas vraiment à la Dance Music. C’est fatigant, ça peut être répétitif, etc... Maintenant, il ne faut pas fermer la porte. A l’heure actuelle, je travaille plutôt sur un nouveau chapitre. Tout le monde a compris que j'avais une couleur musicale spécifique, une direction, des visuels, un graphisme, un univers propre. Il va donc falloir à un moment qu’on aille au bout de ce chapitre. Ce sera sûrement labellisé album, il y aura mes singles comme 'Intoxicated', '+ 1' et 'Do It Right' avec un bloc de nouveaux morceaux. C’est une approche qui me convient. Mais la seule réponse qui compte, c’est que j’ai très envie de faire de la musique !

Envisages-tu à nouveau de produire pour d'autres artistes ? 

Oui, évidemment, mais les propositions que j’ai eues après Madonna n’étaient pas intéressantes. C’est vrai qu’après cette collaboration, j’avais envie de repartir sur ma propre route. Mais quand tu fais de la musique, tu aimes partager, tu aimes collaborer donc oui, prochainement je pourrais très bien à nouveau produire en collaboration avec des artistes qui me séduisent musicalement.

A l'occasion de ta résidence My House au Pacha Ibiza, tu invites des artistes à venir mixer à tes côtés : Tchami, Don Diablo, Billy Kenny qui appartiennent à une nouvelle vague musicale très en vogue, la Future House. Toi-même, ton style actuel se rapproche beaucoup de ce genre musical, quel est ton regard sur ce style naissant ayant pris très rapidement une grande ampleur. Penses-tu que ça va durer ?

C'est souvent un problème, ce besoin de mettre des noms sur les choses. Il y a un retour à la House Music, c’est certain. C’est quelque chose de très fort depuis quelques années, qui continue son avancée. Je pense que ce que les gens ont appelé Future House, c'est en fait une passerelle entre l’EDM et la House. Mon sentiment, c’est que l’on risque d’aller au bout du délire et de vraiment revenir jusqu’à la House pur jus. Concrètement, quelle est la grosse différence ? En fait, la Future House, si je comprends bien ce que c’est, parce que moi-même je suis un peu perdu (rires), c’est de la House avec des breaks et des drops. La House, c’est le style musical que je joue à 90% dans mes sets lors de ma résidence au Pacha, c'est un style sans drop et sans break. Tandis qu'en festival, tout est basé sur l’énergie des drops et des breaks qui peuvent enflammer le public. Je pense que des artistes comme Tchami, Oliver Heldens ou encore Don Diablo, eux vont continuer leur évolution et que la musique va évoluer vers des choses plus techno, plus tech-house et cela pourra s’avérer être très en vogue dans les prochaines années.

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