Markus Schulz nous explique son concept 'World Tour 2015' | DJMAG France - Suisse - Belgique

Markus Schulz est un DJ expérimenté, porté par la passion de la musique depuis une vingtaine d'années. En 2015, il prévoit un nouveau concept qui mettra à l'honneur 12 villes du monde...

Une fois de plus, Markus Schulz a été élu Meilleur DJ américain en 2014. Ce natif d'Hambourg (Allemagne) affiche vingt années de deejaying au compteur. Globe-trotteur invétéré, il parcoure les plus grandes villes pour partager sa passion de la musique progressive-trance, souvent à travers des DJ sets longue durée. En 2015, il mettra d'ailleurs 12 villes à l'honneur avec un EP par mois, compilé à la fin de l'année sous forme d'une compilation 'World Tour 2015’. Depuis Singapour, il a tenu à nous expliquer son projet en avant-première...


De plus en plus, les fans préfèrent soutenir les DJ's passionnés plutôt que ceux pré-fabriqués par leurs hits.


En 2014, tu as sorti ton 5ème album 'Scream 2'. Pour l'année prochaine, tu as décidé de revenir à un maxi par mois, c'est bien ça ? 

Chaque mois, il y a un gros événement dans mon planning de DJ. J'ai eu l'idée de rendre hommage aux villes qui m'accueillent, en créant un titre spécial à chaque fois.

On m'a dit que tu allais enregistrer ces titres en Live à chaque fois. Peux-tu nous en dire plus ?

Je vais créer chaque titre spécialement pour la ville que j'aurais choisi et je l'enregistrerai ensuite en Live avec une captation de l'ambiance dans le club où je le jouerai. A la fin de l'année, je compilerai tous mes titres et on y entendra donc à chaque fois les réactions du public. 

Cela sous-entend que les publics sont différents entre les villes où tu joues. Crois-tu qu'on entendra la différence ?

C'est justement tout l'intérêt de ce projet. Je peux t'assurer que les publics sont très différents d'une ville à l'autre. Mon projet sera une sorte de témoignage. Quand je joue à Montréal, la vibe est très différente de celle que je peux ressentir à Toronto, alors qu'il n'y a que quelques heures d'avion qui séparent ces deux villes. Ibiza est différent que Vegas et Buneos Aires sera différent de Miami. Mes fans savent en plus que j'adapte mes sets selon l'endroit où je mixe, ce concept a donc beaucoup de sens pour moi. Et oui, je t'assure que tu entends de grandes différences selon que tu enregistres ici ou là. 

Rendras-tu hommage à tes racines à travers une ville allemande ? 

Ce serait génial. Je n'ai pas encore défini les 12 villes pour ce projet. Si je devais en choisir une en Allemagne, ce serait Berlin car j'y passe encore beaucoup de temps pendant l'été. En Europe, j'ai aussi Londres, Pragues, Bucarest et Kiev, pour lesquelles j'ai beaucoup d'affection.

Quelle sera la première ville à l'honneur en Janvier ? 

Ce n'est pas encore sûr à 100% mais ça devrait être Tokyo. 

Quelle est selon toi la ville rêvée pour être DJ en 2015 ? 

C'est trop dur pour moi de répondre à cette question. C'est d'ailleurs pour ça que je base mon concept sur douze villes et non pas une seule. Je voyage depuis de nombreuses années et c'est dur de mettre en avant une seule ville dans le monde. 

A quel point l'atmosphère d'une ville t'inspire en tant que producteur ?

La clé est de bien connaître la ville où tu vas mixer. Certains publics demandent de gros drops, d'autres veulent des breaks mélodiques. C'est pour ça que je créé des titres spéciaux à chaque fois. Si je compose un titre avant un set à Montréal, il sera très différent d'un titre pour Ibiza ou Vegas. C'est assez excitant de pouvoir s'adapter aux différentes villes et de satisfaire ainsi les fans qui viennent te voir dans telle ou telle ville. 

Souvent, le choix du nom d'un titre est compliqué. Avec ce projet, tu te simplifies la vie, non ?

Pas tant que ça car il faut maintenant que je fasses un choix entre de nombreuses villes. Mais bon, ce qui m'aide, c'est mon emploi du temps. Je sais qu'en Février, ce sera Bucarest. En Août, à l'occasion de Burning Man, je sais que je rendrai hommage à Black Rock City.  

Comment as-tu réagi à ton Award de "Best American DJ" cette année encore ? 

C'est toujours très agréable car ce sont les fans qui me récompensent. Je ne suis pas du genre à télécharger le top 10 Beatport pour le mixer ensuite dans les clubs. J'ai toujours développé mon style et mon son en tant que DJ. Je suis très fier que les fans reconnaissent ça chez moi à travers leurs votes. Je crois que les fans comprennent les différences entre les DJ's du top 40 EDM et les DJ's comme moi. De plus en plus, ils préfèrent soutenir les DJ's passionnés plutôt que ceux pré-fabriqués par leurs hits.


Les DJ Sets qui durent toute la nuit sont naturels. J'admire d'ailleurs tous ces bons DJ's résidents partout dans le monde, qui font ça chaque week-end sans rechigner.


La concurrence est maintenant très forte aux USA. Je pense à Diplo, Skrillex, Kaskade... La performance est donc d'autant plus forte pour toi, non ?

Oui, ce sont tous d'excellents artistes. Mais je crois qu'il s'agit là de deejaying. J'aime jouer des sets de douze heures. Les fans comprennent maintenant ce que ça implique, ils voient aussi que le deejaying est un art. Je respecte donc tous ces artistes mais les fans ont l'air de vouloir récompenser le deejaying au détriment de producteurs qui s'improvisent DJ's. Ils savent maintenant que beaucoup apprennent le deejaying sur le tas, une fois qu'ils ont fait un hit, et que ça n'a rien à voir avec des DJ's qui ont commencé à mixer pendant de longues années avant de produire leur propre musique.

Du coup, les DJ sets longue durée sont-ils le meilleur moyen de prouver ses talents aux platines ? 

Oui, mais ce n'est pas nouveau pour moi. J'ai commencé comme DJ résident il y a une vingtaine d'années. J'ai tout construit à partir de là. Aujourd'hui, des jeunes partent en tournée après avoir produit un titre sur leur ordinateur, et doivent donc apprendre à mixer en vitesse. Il y a une très grande différence. Pour moi, les DJ Sets qui durent toute la nuit sont naturels. J'admire d'ailleurs tous ces bons DJ's résidents partout dans le monde, qui font ça chaque week-end sans rechigner. 

?

Les jeunes DJ's stars qui ne veulent pas mixer plus d'1h30 ne sont donc pas de vrais DJ's ?

Je crois qu'ils n'ont pas assez de courage. C'est quand même dingue de ne pas être capable de mixer toute une nuit. Le deejaying est un art, une passion. Il faut le comprendre et le respecter. Tous ces jeunes devraient côtoyer des DJ's résidents pour connaître les bases de notre art. On ne peut pas jouer la même musique à 21h qu'à 3h du matin, par exemple. Il faut apprendre à emmener les gens avec toi à travers ton set. Il ne suffit pas d'acheter le top 10 Beatport, de l'enchaîner en levant les bras et de s'en aller en prenant l'argent. Ce n'est pas ça, le deejaying. 

Mais c'est pourtant ce qui se passe partout sur les main stages des festivals... 

C'est différent pour les festivals. Tout simplement car les gens qui viennent à Tomorrowland, par exemple, passent d'une scène à l'autre. Il n'y a donc que très rarement la place pour un DJ set longue durée dans le cadre d'un festival. Là, je te parlais des clubs. Si tu te sens bien dans un club, que l'ambiance te plaît, tu vas y rester toute la nuit. Alors en tant que DJ, c'est ce qu'il y a de mieux. Pouvoir vibrer toute la nuit avec le public, faire en sorte que ton set procure de grandes sensations et des souvenirs inoubliables. 

Un mot sur ton label Coldharbour... Quel est ton point de vue sur la prise de pouvoir du streaming et le fait qu'il n'y a plus de consommation payante de la musique ?

J'ai créé mon label pour faire découvrir de nouveaux artistes et sortir ma propre musique quand bon me semble. Je n'ai jamais eu de stratégie pro-business pour mon label. Là encore, c'est juste de la passion. Peu importe si je vends cinq ou quinze mille copies, tout comme je ne me préoccupe pas de mixer devant 50 ou 50000 personnes. J'aime ce que je fais, c'est tout. Quand tu commences à penser aux chiffres, tu perds le sens de la passion et de l'art. 

Peut-on en conclure que tu es une exception dans le monde actuel où tout est centré sur le business ?

Si je cherchais à avoir de grosses ventes, je me mettrais à produire de l'EDM copié-collé produite en deux heures de temps. Mais ce n'est pas ce pourquoi je suis DJ-producteur. Je fais de la musique par passion. Je ne porte pas de jugements sur qui que ce soit mais je sais en tout cas pour ma part que je n'aurai jamais de remords par rapport à ce que je fais.  

Articles en relation

Vidéos en relation

Artistes en relation

Commentaires