Le producteur français affirme que « Movin’ To The Sun » a été retiré de la course aux Grammy Awards sur des soupçons d’intelligence artificielle. Il conteste la décision, preuves à l’appui.
C’est un coup dur pour l’un des tubes de l’été. HUGEL a été informé que « Movin’ To The Sun », son titre avec Imael Angel et Ultra Naté, était retiré de la sélection pour les prochains Grammy Awards, en raison de préoccupations liées à l’IA. Le producteur français conteste cette décision et demande à la Recording Academy de préciser ce qui lui est reproché.
Sorti le 22 mai 2026 chez Make The Girls Dance Records, le morceau a grimpé jusqu’au sommet du classement Billboard Dance Airplay, selon l’entourage de l’artiste. La Recording Academy n’a pas, à ce stade, rendu publiques les raisons de sa décision.
« Pas simplement généré par une IA »
Dans une déclaration, HUGEL assure que le titre n’est pas le fruit d’une machine. « « Movin’ To The Sun » n’a pas simplement été généré par une IA puis publié comme un morceau fini », écrit-il. Avec Maximilian Riehl et Loris Cimino, il dit avoir construit le morceau dans Ableton Live, en travaillant à distance : lui depuis le Portugal, ses deux complices depuis Francfort.
« Nous avons programmé les MIDI manuellement, reconstruit des parties instrumentales, sélectionné et conçu les sons, superposé synthés et basses, assemblé les batteries et les percussions, retravaillé l’arrangement », détaille-t-il. Ultra Naté, précise-t-il, a enregistré ses voix « spécifiquement pour ce morceau ».
Une version antérieure assumée
Le producteur ne prétend pourtant pas que la technologie n’a joué aucun rôle. « Je ne cherche pas à faire une déclaration générale sur la technologie, ni à prétendre que chaque idée musicale venait de nous », concède-t-il, reconnaissant que « certaines idées de la version antérieure du morceau ont volontairement été conservées ». Cette version est celle d’Imael Angel.
Son équipe assure toutefois que ce qu’on entend sur le master final relève d’une « performance humaine, [d’]une programmation, [d’]une production et [d’]une paternité créative substantielles et identifiables ». Elle avance qu’environ 95% de la production est d’origine humaine, une estimation qui n’a pas été vérifiée de manière indépendante.
Des preuves et une demande de révision
Pour le prouver, HUGEL affirme avoir conservé la session Ableton d’origine, les versions de travail, les fichiers sources, les échanges de production, les prises vocales brutes, le pré-master et le master final. Il demande à l’Académie d’identifier l’élément précis qui pose problème : « S’il existe un élément précis du master publié qui soulève un problème d’éligibilité, je demande respectueusement qu’il soit identifié afin que nous puissions fournir les fichiers de production et les documents pertinents. » Il souhaite que le titre soit jugé sur la façon dont le master final a été créé.
Des preuves et une demande de révision
L’affaire renvoie aux règles des Grammys : l’IA n’y est pas interdite en soi, mais seuls des créateurs humains peuvent être récompensés, et les œuvres doivent comporter une contribution humaine significative. Les titres passent par un contrôle d’éligibilité avant le vote, ce qui permet d’en écarter un sans qu’il ait jamais été nommé. Reste à savoir où l’Académie place la limite quand une idée née d’un outil d’IA est ensuite entièrement reconstruite par des humains.
Les citations de HUGEL sont traduites de l’anglais par DJ Mag.

