La proposition de loi visant à renforcer la pénalisation des free parties est débattue ce jeudi 9 avril 2026 à l’Assemblée nationale. Retour sur les prises de parole marquantes avant le vote.
La proposition de loi 1133 visant à « renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties » est débattue ce jeudi 9 avril 2026 à l’Assemblée nationale. Le texte, porté par la députée Horizons Laetitia Saint-Paul, prévoit jusqu’à six mois de prison et 5 000 euros d’amende pour quiconque contribue à l’organisation d’une free party non déclarée. Le vote n’a pas encore eu lieu, mais les débats ont donné lieu à des prises de parole marquantes.
Louis Boyard (député La France Insoumise) : « Vous voulez faire une loi qui interdit les free-parties et pour ça vous voulez mettre des DJs en prison. Six mois de prison pour quelqu’un qui fait un post Instagram pour appeler à une free partie. Avec votre sens des priorités, nous allons vivre dans un pays où des DJs et des influenceurs seront en prison pour avoir organisé une soirée gratuite mais Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy qui ont détourné des millions d’euros de fonds publics sont toujours en liberté. Ce qui vous dérange, c’est qu’il existe un espace hors de votre gouvernance, qui échappe à la loi du marché. Ces gens, vous leur dites : sois jeune, tais-toi et paye pour faire la fête ou vivre. Foutez la paix à la jeunesse. »
Paul Christophle (député Parti Socialiste) : « La France a une scène techno des plus reconnues au monde, elle s’est construite là, dans ces fêtes, ces espaces de liberté. Nos DJs, dont certains sont reconnus par des médailles, nos labels, notre culture musicale ont grandi avec elles. Ces fêtes sont des lieux de communauté qui rassemblent toutes les communautés et toutes les classes sociales. Ne réduisons pas ces événements à leurs excès, car bien souvent la fête est belle et très bien organisée. Ce que l’on défend nous c’est de l’accompagnement, trouver des terrains, la relance des réseaux rave party dans les préfectures. Je conçois que ce travail est surement plus difficile qu’aggraver les peines, mais nous pensons que c’est la seule voie qui permettrait d’avoir des résultats concrets. »
Jean-Claude Raux (député Écologie et Social) : « Ce texte ne repose sur aucune base solide. Nous ne disposons pas de données précises sur le nombre de rassemblements, leur ampleur ou leur conséquence réelle. Autrement dit, vous proposez de légiférer sans diagnostique préalable. Dans l’exposé des motifs, des affirmations extrêmement graves sont avancées, notamment de violences sexuelles et de soumission chimique sans qu’aucun élément chiffré ne vienne les étayer. Certes, les VSS existent mais les free party n’ont pas le monopole de ces dérives. Où sont les mesures de préventions ? Où sont les outils pour encadrer ces événements, dialoguer avec les organisateurs, protéger les milieux naturels ? L’objectif est clair : punir. En criminalisant aussi largement les participants que les organisateurs, vous dissuadez toutes formes d’auto-organisation sur place : gestion des déchets, accès à l’eau, dispositif de réduction des risques. En réalité vous affaiblissez tout ce qui permet de limiter les risques. »
Eddy Casterman (député apparenté Rassemblement National) : « Le mensonge sentimental a trop longtemps prévalu. Une rave party n’est pas une fête qui déborde, c’est une entreprise de délinquants avec ses logisticiens, ses financiers, ses réseaux de communications cryptés, ses flux d’argent liquide. Derrière l’image du rassemblement festif se cache des professionnels du délit qui, parfois s’enrichissent en exposant la jeunesse française aux drogues dures, à la soumission chimique, et aux violences sexuelles. Et les honnêtes citoyens, eux, comme toujours ne sont bons qu’à payer.. Six mois de prison et 5 000 euros d’amende, croyez-vous vous-même en vos peines ? En Italie, Georgia Meloni a mené une réforme sans ambiguïté : 3 à 6 ans d’emprisonnement pour les organisateurs, 1 à 4 ans pour les participants. »
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