Peaches. Crédit : The Squirt Deluxe
Peaches / The Squirt Deluxe

PLAYLIST : Chloé, Møme, Peaches… les sorties électroniques de la semaine du 16 février

Publié le 20 février 2026

De Moby à Apparat, en passant par Peaches, Chloé ou Schacke, tour d’horizon des projets qui ont animé la semaine du 16 février dans l’électronique.

Le calendrier des sorties musique électronique s’accélère en ce milieu de février avec des signatures historiques qui bousculent leurs propres codes.

Altın GünGarip [Glitterbeat Records]

Oubliez l’efficacité dancefloor de Yol. Avec Garip, le quintet d’Amsterdam signe son disque le plus radical en s’attaquant au répertoire de Neşet Ertaş, monument du folk turc. Loin du simple copier-coller psyché, Altın Gün triture l’héritage anatolien à grands coups de lignes de basse lopes et d’arrangements de cordes « arabesque » qui évoquent autant le cinéma égyptien que les BO italiennes des 70s. Le point d’orgue, Gönul Daği, installe un funk poisseux et hypnotique où le chant d’Erdinç Eçevit gagne en épaisseur. Un album de maturité, moins pop, mais nettement plus profond.

ApparatA Hum of Maybe [Mute]

Après le tunnel Moderat et une panne sèche créative, Sascha Ring revient au format solo par la contrainte : un morceau par jour pour relancer la machine. Le résultat, A Hum of Maybe, s’éloigne des formats figés pour une série de fragments intimes, portés par la voix de KÁRYYN. Le Berlinois y délaisse les beats structurés pour un disque d’« entre-deux », où l’électronique sert de décor à des thématiques familiales et protectrices. Exit l’efficacité des festivals, Sascha Ring privilégie ici les arrangements décharnés et la fragilité. Un album de reconstruction, moins spectaculaire que ses prédécesseurs, mais radicalement sincère.

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ChloéDistorted Dance [Lumière Noire]

Après un premier extrait dévoilé en novembre dernier, Chloé publie l’intégralité de son EP Distorted Dance en ce mois de février. Le morceau éponyme impose une tension constante, articulée autour de séquences d’arpèges et de lignes de basse denses qui soutiennent des montées de caisse claire sèches. Ce format cinq titres, calibré pour le dancefloor, propose également l’inédit ‘Eternity Bound’ ainsi que des relectures signées Hannah Holland, Leonor et Miles J Paralysis. Un disque nerveux qui confirme la versatilité de la productrice française.

Mha IriFreak EP [Filth on Acid]

L’Australienne Mha Iri signe son retour sur le label de Reinier Zonneveld avec un EP de trois titres : ‘Freak’, ‘Up N Down’ et ‘Blaster’. Le morceau-titre s’appuie sur une ligne de basse roulante et un hook vocal répétitif, tandis que ‘Up N Down’ et ‘Blaster’ complètent l’ensemble avec une approche techno brute. Pas de fioritures ici, la production est axée sur l’efficacité rythmique et la puissance des basses, taillée pour les systèmes de clubs et de festivals. Une sortie fonctionnelle qui confirme la place de Mha Iri parmi les valeurs sûres de la scène techno actuelle.

MobyFuture Quiet [Always Centered at Night]

Avec Future Quiet, Moby signe un quatorze titres en rupture totale avec le bruit de l’époque. L’Américain troque l’excès pour un minimalisme au piano et des ambiances de retrait. Le disque s’ouvre sur une relecture de ‘When It’s Cold I’d Like To Die’ avec Jacob Lusk (Gabriels). Ce morceau de 1995, redevenu un hit mondial via Stranger Things et TikTok, est ici dépouillé de tout artifice. Sans batterie ni basse, l’album se veut un espace de sécurité face au tumulte des écrans. Un exercice de sobriété volontaire où Moby privilégie le silence à la performance technique habituelle.

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Møme & Ricky DucatiCalifornia Calling [Universal Music / DDM]

Trois ans après l’échappée belle de Flashback FM, le tandem franco-canadien récidive avec California Calling, un deuxième album en forme de carnet de bord solaire. Møme délaisse ici ses premières amours chillwave pour une synth-pop plus charnelle, taillée sur mesure pour le falsetto soul de Ricky Ducati. Entre lignes de basse élastiques et cocottes de guitare funk, l’album évite le piège du disque de « fond sonore » grâce à une production ultra-précise, quelque part entre l’hédonisme de la French Touch et l’efficacité d’Empire of the Sun. Un long-format cohérent, sans temps mort, qui s’impose déjà comme le disque de chevet des prochains couchers de soleil sur le Pacifique.

Nathan FakeEvaporator [InFiné]

Vingt ans après ses débuts chez Border Community, Nathan Fake livre avec Evaporator son premier album de « jour ». L’Anglais délaisse la culture club nocturne pour une electronica plus aérée, composée en partie avec ses outils fétiches des débuts comme Cubase VST5. Le disque s’articule autour de structures changeantes : du garage déformé sur Bialystok aux nappes microtonales de sa collaboration avec Clark sur Orbiting Meadows. Entre deux éclats de synthés FM cristallins, Fake propose une immersion moins frontale que par le passé, illustrée par une pochette où il finit par dévoiler son visage. Un retour aux sources techniques pour un virage mélodique assumé.

PeachesNo Lube So Rude [Kill Rock Stars]

Avec No Lube So Rude, Peaches signe un télescopage frontal entre punk, industriel et dance-pop. L’icône queer y aborde l’autonomie corporelle et son identité post-ménopausée avec un mordant qui n’exclut pas une vulnérabilité inédite. Le disque s’appuie sur des productions électroniques rugueuses où le sarcasme sert de moteur à une revendication politique et sexuelle. Loin de l’effacement, l’artiste transforme la friction sociale en un objet sonore provocateur, balançant entre textes crus et structures club directes. Un retour radical qui prouve que Peaches reste la figure de proue d’un hédonisme de combat.

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Rossi.Home EP [HOME//GRXWN.]

Sur son propre label HOME//GRXWN., Rossi. livre l’EP Home, dont le titre phare est une collaboration avec Night Tapes. Le producteur londonien délaisse ici l’aspect purement utilitaire de ses précédentes sorties pour une House plus nuancée. Le disque conserve sa signature minimaliste avec un travail précis sur le placement des percussions et une basse ronde, mais s’ouvre à des textures plus mélodiques. Un projet cohérent qui marque l’évolution de son identité sonore au sein de sa propre plateforme créative.

SanoiAugenblick: Side B [Zehn Records]

Sanoi clôt son projet Augenblick (« l’instant » en allemand) avec cette Side B, plus complexe que le volet ambient sorti en décembre 2025. Le producteur y délaisse l’épure pour une structure rythmique qui pioche autant dans la scène LA Beats des années 2010 (Count It) que dans le downbeat des années 2000 (Under The Trees). Si ‘Try It’ reste le seul segment ouvertement taillé pour le club avec ses drops et ses samples soul, l’album lorgne surtout vers une deep house réfléchie, héritière de l’esthétique Pampa Records (What Is The Word). Un disque de studio qui privilégie le processus à la formule

Schacke5 Signs You Are Dealing With A Human Demon [ONES and ZEROS]

Le producteur dano-sud-coréen Schacke signe le nouvel EP du label ONES and ZEROS, lancé récemment par Boys Noize. Fidèle à ses habitudes, il livre cinq titres à haute intensité où les distorsions industrielles prennent le pas sur la mélodie. Le disque délaisse toute subtilité pour se concentrer sur des rythmiques techno brutes et des structures froides conçues pour le club. Après avoir figuré sur la première compilation de l’imprint l’an dernier, l’artiste confirme ici son rôle de pilier pour cette plateforme qui explore les franges les plus dures du spectre électronique. Un disque frontal, efficace et sans concession.

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WalGTFU [Bass Jamz]

Artiste émergent à surveiller, Wal signe sur Bass Jamz GTFU, un EP de trois titres qui va droit au but. Le producteur délaisse les artifices pour une approche centrée sur l’efficacité rythmique et la tenue du bas-spectre. En trois tracks, il installe un groove solide, porté par des percussions sèches et une construction pensée pour le mix. Pas de remplissage ici : Wal mise sur la clarté de sa production pour s’imposer dans les bacs. Une sortie qui confirme son flair et le place d’emblée comme l’un des nouveaux visages à suivre cette saison.

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