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Deezer démonétise massivement la musique générée par IA et commercialise sa technologie de détection

Publié le 3 février 2026

Deezer affirme sa position face à l’IA musicale : démonétisation massive des streams frauduleux et ouverture de sa technologie de détection à l’industrie.

Un an après le lancement de son outil interne de détection de musique générée par intelligence artificielle, Deezer franchit une nouvelle étape. Dans un communiqué publié le 29 janvier 2026, la plateforme française confirme avoir démonétisé près de 85 % des écoutes liées à des titres entièrement générés par IA en 2025, principalement en raison de pratiques frauduleuses, et annonce désormais la commercialisation de sa technologie de détection auprès de l’ensemble de l’industrie musicale.

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Les chiffres communiqués donnent la mesure du phénomène. En janvier 2026, environ 60 000 titres générés par IA sont mis en ligne chaque jour, représentant près de 39 % des livraisons quotidiennes sur Deezer. Si ces morceaux ne représentent encore que 1 à 3 % des écoutes totales, leur finalité apparaît largement problématique : jusqu’à 85 % de ces streams ont été identifiés comme frauduleux, selon les mois, contre 8 % de fraude sur l’ensemble du catalogue en 2025.

Protection des droits des artistes

Dans son communiqué, Deezer réaffirme une ligne claire. « La musique générée entièrement par l’IA est devenue presque impossible à distinguer de la création humaine, et avec un flux continu de téléchargements sur les plateformes de streaming, notre approche reste très claire : transparence pour les fans et protection des droits des artistes et des auteurs-compositeurs », déclare Alexis Lanternier, PDG de Deezer. Il précise également que « la majorité de la musique générée par l’IA est téléchargée sur Deezer dans le but de commettre une fraude ».

Concrètement, tous les titres entièrement générés par IA sont étiquetés, retirés des recommandations algorithmiques et exclus des playlists éditoriales. Deezer insiste : « Chaque stream frauduleux que nous détectons est démonétisé afin que les redevances des artistes, auteurs-compositeurs et autres titulaires de droits humains ne soient pas affectées ». Une politique qui fait aujourd’hui de Deezer la seule plateforme de streaming à appliquer ces mesures de manière systématique.

Vente de licences

Autre annonce majeure : la plateforme lance désormais la vente de sa technologie de détection IA. « Notre approche et notre outil ont suscité un vif intérêt, et nous avons déjà mené des tests concluants avec des leaders du secteur, notamment la Sacem », indique Alexis Lanternier. « À partir de maintenant, nous accordons des licences pour cette technologie afin de la rendre largement accessible ».

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Cette décision s’inscrit dans un contexte de fortes inquiétudes pour l’économie musicale. Selon une étude citée dans le communiqué, menée par la CISAC et PMP Strategy, près de 25 % des revenus des créateurs pourraient être menacés d’ici 2028, soit jusqu’à 4 milliards d’euros. Deezer rappelle être la seule plateforme de streaming à avoir signé la Déclaration mondiale sur la formation en IA, affirmant son engagement en faveur des droits des artistes.

En ouvrant sa technologie au reste du marché, Deezer entend établir un standard de transparence et réduire l’incitation économique à la fraude musicale automatisée, à l’heure où la frontière entre création humaine et production synthétique devient de plus en plus difficile à distinguer.

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