Le légendaire DJ-producteur belge fait son grand retour avec 'Boy In The Picture', un nouveau single dont nous vous dévoilons le clip vidéo en avant-première...

Kid Crème avait quelque peu disparu des écrans radar. Avec ce nouveau track 'Boy In The Picture' , il prouve qu'il n'a rien perdu de sa verve et de son talent en studio. Co-écrit avec le néo-zélandais Jolyon Petch et sublimé par la voix impeccable de Sian Evans (ex-leader du groupe trip-hop Kosheen), ce titre est l'une des perles de la rentrée. La belle dose émotionnelle de l'intro laisse ensuite place à une énergie House ultra-groovy, avec une ligne de basse incroyable. En exclusivité et en avant-première, nous vous dévoilons ici le clip vidéo de 'Boy In The Picture'.


Je ne compte plus le nombre de producteurs EDM qui, voyant leur mouvement s’essouffler, viennent se réfugier dans la musique House.


Kid Crème est un artiste bien connu des amateurs de House Music. Pour certains, il est même l'un des meilleurs producteurs en la matière. Lancé en 2002 sur le label Subliminal d'Erick Morillo, le Belge a rapidement fait équipe avec Junior Jack pour former l'un des duos les plus prolifiques des années 2000. Leurs remixes pour Shakedown et Thick Dick, ainsi que leurs nombreux titres originaux, sont tous devenus de grands classiques... En cette rentrée 2017, 'Boy In The Picture' est déjà acclamé (à juste titre) par Pete Tong et Danny Howard sur BBC Radio 1. Né il y a 2 ans, au détour d'une tournée en Australie, la sortie de ce nouveau single nous a donné envie de faire le point avec son auteur. Interview !

Tu produis de la House Music depuis longtemps. Est-ce que tu te sens aussi bien en studio maintenant qu'il y a 15 ans en arrière ?

Les choses ont clairement changé, la technologie a evolué, la manière de produire et surtout de diffuser la musique ont été complètement bouleversées, mais le studio reste l’endroit que je préfère, où je passe le plus clair de mon temps.

Approuves-tu l'évolution globale de la House Music ?

La House est une musique encore très jeune quand on y pense, je fais partie de cette génération qui l’a quasiment vu naître. Comme toute chose, elle grandit avec le temps. J’ai aimé ses debuts comme j’ai observé, très dubitatif, ses déboires. J'aime plutôt bien son présent et ne suis pas trop inquiet pour son futur. La House a de solides bases sur lesquelles on peut toujours venir s’appuyer quand ça part dans le mauvais sens. Je ne compte plus le nombre de producteurs EDM qui, voyant leur mouvement s’essouffler, viennent se réfugier dans la musique House en utilisant de nouveaux pseudos.

Il semblerait que tu donnes désormais à ta musique une dimension émotionnelle plus forte. Penses-tu que la House Music doit aller plus loin de ce point de vue-là ?

Pas nécessairement. Je crois que la Techno, en ralentissant son BPM ces 10 dernières années, s’est lentement confondue avec la House et a amené un son plus sombre, plus mélodieux, plus profond qu’on avait pas nécessairement dans la House et qui a quelque part contribué à enrichir nos productions. Si on prend des producteurs comme Dixon, Âme, Tale Of Us et tant d’autres, il est devenu compliqué de dire quel style de musique ils font. Certains diront que c’est Deep House, d’autres Techno ou House mais, au final, tout le monde joue leurs tracks. Ça ouvre de nouvelles perspectives. Personellement, je suis mon humeur du moment. Certain jours, j’ai envie d’être sombre, d’autres fois je veux être plus léger. Et ça a toujours été le cas je crois.

 Pour ce clip vidéo, je ne voulais pas de filles dénudées s'agitant autour d'un piscine.

Peux-tu nous raconter un peu l'histoire de ce nouveau single ‘Boy In The Picture’ ? Il y a quelque chose d'assez mélancolique au début du morceau, avec cette ligne de chant et ces accords de piano...

Jolyon Petch venait de débarquer d’Australie pour jammer dans mon studio, il m’a suggéré de faire venir Sian Evans, qu’il connaissait bien. On lui a payé un billon d’avion et elle nous a rejoint deux jours après. On s’est mis à discuter de musique, de nos influences respectives, pour finalement avoir le même constat, à se dire que le monde allait mal. Le lendemain, je lui ai fait écouter une dizaine de progression d’accord au piano, elle en a pris trois, elle s’est enfermée dans l'un des studios et elle a écrit 'Boy In The Picture' qui, en soit, est un beau résumé de notre conversation de la veille… Une fois enregistré, j’ai tourné et retourné le morceau dans tous les sens pour arriver à lui donner une forme à la fois mélancolique (suivant le sens des paroles) sans pour autant le rendre pesant. J'ai dû finaliser pas moins de dix versions en tout, pour n’en garder que trois au final.

Le clip vidéo est lui aussi très fort, très loin des clichés de la Dance Music...

Quand on a commencé à discuter du clip avec le label Positiva, je n'avais aucune idée de ce que je voulais, mais je ne voulais pas de filles dénudées s'agitant autour d'un piscine ou jouant au beach volley. Je ne voulais pas non plus d'une vidéo trop politique car le thème s'y prêtait déjà de manière trop évidente. Je voulais quelque chose qui contraste, avec une histoire du début à la fin... J'ai reçu sept scripts, tous plus ou moins tordus, de la danse contemporaine au pastiche de l'élection de Trump… J'ai opté pour l'idée de Kyle Lewis, un jeune réalisateur sud-africain, que j'ai trouvé tres poétique.

As-tu le sentiment de produire une House Music plus personnelle, avec des messages et des revendications plus affirmées ?

C’est vrai que les apparences peuvent être trompeuses, mais je vais de plus en plus vers des choses simples avec un message vague qui laisse une interprétation large pour ceux qui écoutent ma musique. Ce morceau est clairement une exception dans son genre, c’est quasi-politique, mais ce n’était pas du tout intentionnel, ça s’est juste fais comme ça, tout naturellement, en refaisant le monde jusqu’a pas d’heure...

Avec toute ton expérience, peux-tu nous donner les ingrédients cruciaux pour réaliser un bon titre House ?

Une suite d’accords, un beat, une ligne de basse et un type qui chante avec un air naïf “Ouuu bébé, j’me sens bien, la musique sonne mieux avec toi” (Stardust). A priori, c’est aussi simple que ça ! (rires)

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