Présent à notre Pool Party d'Opening du festival Electrobeach, Jay Hardway nous a donné son point de vue sur la scène EDM actuelle et ses projets à venir...

De son vrai nom Jobke Heiblom, Jay Hardway est aujourd'hui considéré comme l'un des DJ's les plus prolifiques de la scène néerlandaise. A 26 ans, il s'est déjà illustré aux côtés de nombreuses valeurs sûres, dont Martin Garrix, pour ne citer que lui. Ses titres 'Wizard', 'Electric Elephants' ou 'Spotless' ont affolé les charts ces dernières années, lui permettant d'assoir sa notoriété planétaire et de décrocher une première apparition au sein du Top100DJs l'an dernier...

Ce dont je veux être sûr, c’est d’être capable de sentir et d’entendre l’originalité. Je pense que c’est important. 

On peut le dire maintenant : tu es un grand nom au sein de l’industrie EDM. Qu’est-ce qu’il faut pour réussir dans ce milieu ultra-concurrentiel ?

Je pense qu’il y a deux choses : la première est d’avoir des compétences essentielles en production musicale, savoir composer de belles mélodies, de belles montées en intensité, s’arranger pour que les gens aiment ta musique. Ensuite, tu as dit que le milieu était très concurrentiel… Personnellement, je ne ressens pas de compétition. Je vois les autres DJ’s comme des amis, je veux les aider et échanger des informations avec eux. Quand je vois un DJ après son show, j'ai juste envie d'aller le voir pour le complimenter et débriefer son set ave lui… Je connais beaucoup d’artistes néerlandais bien sûr, et de gros artistes. Franchement, nous ne nous sentons pas en concurrence les uns par rapport aux autres. On fait nos sons, on se les fait écouter, on se complimente quand il le faut.

Tu as beaucoup évolué avec Martin Garrix. Que ressens-tu quand tu vois ton pays, les Pays-Bas, être autant représenté dans le Top100DJs et donc à travers le monde ?

C’est vraiment génial. On essaie d’être humble, de ne pas être arrogant – enfin du moins, pour la plupart d’entre nous (rires) – et d’aller loin en étant clean et respectueux. Aux Pays-Bas, tout n’est pas centré sur la façon de faire de l’argent, mais de faire de la musique. De la bonne musique. Je trouve ça vraiment cool de voir des gens comme Tiestö ou Armin Van Buuren aller aussi loin dans le business et représenter notre nation.

On sent un véritable tournant dans la musique électronique en ce moment, notamment avec les mouvances Future Bass et la Future House auxquelles Spinnin’ semble s'intéresser. Qu'en penses-tu, est-ce que c'est l'après Big Room qui se met en place ?

J’aime énormément tous les changements qui s’opèrent en ce moment. Beaucoup de gens sont effrayés depuis plus d'un an en se demandant ce qu’ils devraient produire, vers quels styles ils devraient s’orienter d'un point de vue stratégique... Ce que je pense de tous ces nouveaux styles et de la nouvelle hype qui va avec, c’est que ça me sert d’inspiration. J’ai écouté pas mal de sons de grandes stars ces dernières années et je réagis souvent comme ça : ‘Wow, ça, c’est cool. C’est intéressant à étudier !’ Le Hardstyle est en train de grandir et de se démocratiser par exemple, et c’est très bien car tout est en train de se (re)connecter. On peut rassembler ses forces pour être encore plus créatif. Si tu veux être attractif pour le public et devenir un grand, tu as besoin d’être original et c’est ce que j’aime : ça n’apporte que du bon à la musique.

Parlons de l’un de tes derniers tracks, ‘Scio’. Cette musique semble plus mélancolique, plus mature, plus futuriste qu’à l’habitude. As-tu voulu t’essayer à quelque chose de nouveau ?

J’ai voulu démontrer que j’étais capable de faire de la musique plus réfléchie. Peu importe que le titre fasse des nombres d’écoutes incroyables sur Spotify, que la radio puisse le jouer ou qu’il passe très bien quand tu démarres ta voiture, je m’en fiche. C’est un track très personnel, un peu plus sérieux et c’est ce que je voulais. Je suis évidemment catégorisé dans l’EDM mais là, mon but était de prouver que je peux faire autre chose.

Il n’est donc pas exclu d’avoir d’autres tracks dans ce style de ta part, prochainement ?

Non, bien sûr ! Je suis en train de travailler sur ce genre de musique et tout ce que je souhaite, c'est d’être original sur chacun de mes morceaux, donc… J’essaie de faire ça bien. Peut-être que ce sera encore plus sombre, tu vois, peut-être que ça sortira bientôt, ou pas… J’aime aussi beaucoup la Future House et Bass-House comme avec Mesto, ça fait partie de mes influences. D’ailleurs, c’est assez marrant car je regarde les charts Beatport et parfois, je vois certains de mes sons dans les rubriques ‘Future House’ ou autres et j’en rigole en me disant ‘Ah tiens, j’ai fait de la Future House ? Cool !’ Je tire mes inspirations de beaucoup d’éléments et peut-être que ça se ressentira davantage dans un futur proche. On verra bien. Tout ce dont je veux être sûr, même si ça sous-entend que je produise des tracks différents, c’est d’être capable de sentir et d’entendre l’originalité. Je pense que c’est important.  

Tu es aujourd'hui l'une des têtes d'affiches de notre Pool Party DJ Mag. Quel est ton ressenti sur notre pays et notre scène nationale ?

J’ai passé quelques temps en France et les gens semblent très bien éduqués d'un point de vue musical. Ils ne réagissent pas bêtement comme dans certains autres pays, en se disant que s'ils ne connaissent pas un titre, rien ne sert de danser... Ce que je retiens de la France, c’est que tu n’as pas toujours l’obligation de jouer des hits, tu peux faire des expérimentations : le public va quand-même s’éclater. Pour un DJ, c’est très fun de jouer ici, d’autant plus quand il y a le soleil et une piscine comme aujourd'hui… 

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